‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 101 sur 148 · JAURES PARLANT AU MEETING SOCIALISTE DE BRUXELLES · texte numérisé non relu

JAURES PARLANT AU MEETING SOCIALISTE DE BRUXELLES

que son plan de conquête comprenait l'annexion de la Belgique. Une fois la guerre déchaînée, n'a-t-on pas vu cette convoitise secrète reparaître sous toutes les formes dès que les événements militaires se furent prononcés en faveur de l'Allemagne ? Un moment, elle crut habile d'apaiser, par quelques déclarations anodines, l'émotion britannique. Mais elle savait que les paroles échangées au cours de ces discussions diplomatiques ne sont pas gênantes après la victoire. Elle se réservait de se servir de ces alternatives, savamment combinées, selon le développement des faits ultérieurs.

La machination suprême était, comme l'observe fortement M. Emile Waxweiler, la suivante : « Placer la Belgique dans l'obligation de se défendre et, pour la châtier de l'avoir fait, la prendre. » L'attentat à la neutralité de la Belgique n'était qu'un moyen ; le but, c'était la conquête. De même que la préparation mih-

taire est évidente, le complot est avéré (i).

(i) La question de la violation de la neutralité belge a été soulevée à nouveau par l'-Allemagne dans un article du général Bernhardi publié dans le Sun de New-York. Il v affirmait que, dès le mois de juillet, la France et l'Angleterre s'apprêtaient à violer la neutralité de la Belgique, et il donnait comme preuve de cette intention l'orientation même de notre plan de concentration et la présence à notre gauche de nos forces principales.

Une note officielle {Temps du 26 mars njiJ) a réduit à néant cette allégation.

En vertu du plan de concentration, les cinq armées françaises étaient orientées, au moment de la déclaration de guerre, uniquement face à l'Allemagne, entre Belfort et la frontière belge. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que notre état-major, après la violation de la neutralité belge par l'Allemagne et l'appel du gouvernement belge du 4 août {Livre jaune, p. 161), fut obligé de prescrire des variantes au plan de concentration. Les zones d'action des armées durent être étendues vers le nord-ouest jusqu'à la hauteur de Fourmies et l'aile gauche dut être renforcée. Ce brusque déplacement de nos troupes n'aurait pas été nécessaire, s'il y avait eu préméditation de notre part de violer la neutralité.

Quant à l'Angleterre, son concours ne nous fut assuré que le 5 août, après l'entrée des Allemands en Belgique, et son armée se concentra du 14 au 21.

D'autre part, des ordres divers ont été donnés par le gouvernement français : le 3o juillet, de se tenir à 10 kilomètres de la frontière; le 2 août, de se borner à repousser toute troupe pénétrant en France; le 3 août, de se tenir à 2 ou

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