‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 103 sur 148 · UN COIN DE LA SALLE OU S'EST TENU LE MEETING SOCIALISTE DE BRUXELLES · texte numérisé non relu

UN COIN DE LA SALLE OU S'EST TENU LE MEETING SOCIALISTE DE BRUXELLES

son système. Et pourtant, deux urgentes nécessités nationales le pressent : la neutralité de la Belgique, la liberté de la mer du Nord et du Pas-de-Calais... Eh bien! on les défendra, mais on défendra seulement ce domaine restreint. On bornera l'action des forces anglaises à la protection exclusive et soigneusement délimitée des intérêts anglais. On s'engagera à demi... Comme si on se battait d'un "bras !

Sir Edw. Grey explique, par un télégramme du 2 août, à sir Fr. Bertie la position prise par l'Angleterre :

J'ai fait remarquer à M.Cariibon que nous avions des questions extrêmement graves et délicates à considérer et que le gouvernement ne pouvait s'engager à déclarer la guerre à l'Allemagne, si la guerre éclatait demain entre la France et l'Allemagne, mais qu'il était essentiel que le gouvernement français, dont la flotte était depuis longtemps concentrée dans la Méditerranée, sût quelles dispositions prendre, la cote septentrionale étant sans défense. Il nous a donc paru nécessaire de lui donner cette assurance. Cela ne nous engage pas à déclarer la guerre à l'Allemagne (quelle insistance!) à moins que la flotte allemande n'agisse comme il est indiqué ci-dessus, etc.

Pendant la journée du 3 août, la proposition anglaise se précise graduellement. Sir Edw. Grey se lie définitivement au sujet de la « protection navale » par un engagement écrit auprès de M. Cambon.

On apprend, d'ailleurs, que l'Italie, sommée par l'Allemagne et l'Autriche, de faire connaître le parti qu'elle prendrait, a répondu que ces deux puissances étant agressives, elle ne considérait pas la situation comme impliquant le casus fœderis.

Du côté de la Belgique, on est en présence de la sommation brutale d'avoir à se prononcer dans les sept heures. D'autre part, l'Allemagne fait un suprême effort pour retenir l'Angleterre.

M. Cambon télégraphie :

Londres, 3 août.

Au moment où sir Edw. Grey partait ce matin pour le conseil, mon collègue allemand, qui l'avait déjà vu hier, est venu le prier avec insistance de lui dire que

la neutralité de l'Angleterre ne dépendait pas du respect de la neutralité belge. Sir Edw. Grey s'est refusé à toute conversation à ce sujet.

On essaye, du moins, de peser sur l'opinion :

L'ambassadeur d'Allemagne a adressé à la presse un communiqué disant que si l'Angleterre restait neutre, l'Allemagne renoncerait à toute opération navale et ne se servirait pas des cotes belges comme point d'appui.

Mais les choses se développent dans leur sens fatal.

C'est le 3 août que sir Edw. Grey fait, à la Chambre, la déclaration relative à l'intervention de la flotte anglaise et précise celle qu'il compte faire au sujet de la neutralité belge. La lecture de la lettre du roi Albert, demandant l'appui de l'Angleterre, a produit une profonde émotion. La Chambre des Communes vote, le soir même, les crédits demandés. Elle se lie étroitement à la politique du gouvernement et elle suit, elle-même, l'opinion publique qui se prononce, de plus en plus, pour une énergique intervention.

Depuis quelques jours, l'Allemagne cherche visiblement un prétexte quelconque pour prendre, du côté de la France, les mesures offensives que son état-major considère comme indispensables : elle voudrait aussi donner une apparence de motifs à la violation, par ses troupes, du territoire belge. On sème les bruits les plus absurdes, les plus invraisemblables.

Les sentiments de la France sont tellement pacifiques, la discipline si parfaite, les précautions si bien prises, qu'aucun incident ne se produit.

M. Viviani télégraphie à Londres, le 3 août :

11 me revient que l'ambassadeur d'Allemagne aurait déclaré au Foreign Office que, hier matin, quatre-vingts oflîciers français en uniforme prussien auraient essayé de traverser la frontière allemande dans onze automobiles à Walbeck, à l'ouest de Geldern,et que ceci constituait une très sérieuse violation de la neutralité de la part de la France. Veuillez démentir d'urgence cette nouvelle de pure invention et attirer l'attention du

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L'EUROPE EN ALARME. LA DÉCLARATION DE GUERRE

Foreign Office sur la campagne allemande de fausses nouvelles qui commence.

La réalité est que l'Allemagne et la Russie sont en guerre, et que, dans la certitude où l'on est que la France sera fidèle à l'alliance, les plans de l' étatmajor allemand, consistant à briser par surprise la force de résistance de la France en empruntant le territoire belge, ne peuvent réussir que s'ils s'exécutent rapidement. Il faut, à tout prix, attaquer la France, et l'attaquer par la Belgique ! Eh bien !

puisqu'il le faut, on déclarera la guerre à la France!

Le 3 août, à i8 h. 45, l'ambassadeur d'Allemagne remet à M. René Viviani, président du conseil, ministre des Affaires étrangères, le document suivant :

Les autorités administrativeset militaires allemandes ont constaté un ce rtai n n o m bre d'actes d'hostilités ca-" ractérisés commis sur le territoire allemand par des aviateurs militaires français. Plusieurs de ces derniers ont manifestement violé la neutralité de la Belgique, survolant le territoire de ce pays; l'un a essayé de détruire des constructions près de Wesel, d'autres ont été aperçus sur la région de l'EifFel, un autre a jeté des bombes sur le chemin de fer, près de Karlsruhe et de Nuremberg.

Je suis chargé, et j'ai l'honneur de faire connaître

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