‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 109 sur 148 · LA REVUE, AVANT LE DEPART D'UN REGIMENT CASERNE A BERLIN · texte numérisé non relu

LA REVUE, AVANT LE DEPART D'UN REGIMENT CASERNE A BERLIN

Remarquez que, parmi les doléances, les plaintes et les fureurs du ministre Jagow et du chancelier, aucune hésitation ne se produit sur le fond : on déplore l'attitude de l'Angleterre, mais on veut la guerre et les ministres ne parlent même pas d'en référer à l'empereur.

Le récit de cette entrevue « pénible », où l'ambassadeur britannique avait montré, par son calme toute la supériorité d'une juste cause, fut immédiatement rédigé par lui, dans un télégramme confié au Bureau central du télégraphe à Berlin, un peu avant g heures du soir. Ce télégramme fut supprimé par le gouvernement allemand et ne parvint jamais à Londres.

L'ambassadeur ajoute, en post-scriptum, ce détail important : « Vers 8 heures et demie du soir, le sous-secrétaire d'État, Herr von Zimmermann, est venu me voir. Il m'a demandé, incidemment, si la demande de mes passeports équivaudrait à une déclaration de guerre. (Voilà encore de ces lourdes ruses, de ces marchandages épais à l'allemande.) Je lui ai répondu que, puisqu'il était une autorité en droit international, il savait, mieux que moi, quelle était la coutume en pareil cas. L'ambassadeur répéta ce qu'il avait dit à Herr von Jagow, que « l'Angleterre prendrait les mesures, etc. ». Herr von Zimmermann déclara alors que c'était bien, de fait, une déclaration de guerre, étant donné qu'il était de toute impos-

sibilité, pour le gouvernement impérial, de donner les assurances requises, ni ce soir, ni aucun autre soir. »

C'est donc la rupture entre l'Allemagne et l'Angleterre !

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