DANSE NATIONALE DES
' )SAQUES DU CAUCASE
pas moins ; elle prolongeait la présence de son ambassadeur en France, elle retenait à Vienne celui de la République en affirmant à maintes reprises qu'aucune fraction des troupes austrohongroises n'était employée contre les armées françaises. Mais c'est en vain qu'elle tentait de se dérober à la complicité où elle s'était laissée entraîner.
« L'Allemagne l'a conduite comme elle l'a voulu. Elle y a trouvé d'autant plus de facilité que r Au triche-Hongrie, aveuglée par sa haine contre la Serbie, n'a cherché dans la crise balkanique que les moyens d'humilier, d'abaisser et, si possible, de supprimer cette voisine détestée. »
S'il s'agit des peuples divers qui composent la monarchie, on peut se demander aussi quels sentiments réels se cachaient derrière le tapage des manifestations officielles. Il est difficile de préciser. Les dispositions ont été prises pour que les sentiments slavophiles ou italophiles ne puissent se manifester.
Un expert des choses austro-hongroises écrit : « Quant aux Slaves du Nord, c'est seulement l'état de siège et une véritable terreur policière, avec arrestation, en masse, confiscations, etc., qui ont empêché une explosion précédemment prévue par le gouvernement comme par les adversaires de l'Autriche- Hongrie. « [Temps du 6 août 1914.)
A Prague, les mesures les plus sévères furent prises. On appela les réserves avant qu'il fût question d'une guerre avec la Russie. Une grande manifestation russophile s'étant produite dans les rues de Prague, sur la nouvelle annonçant la mobilisation russe, on suspend les journaux, on procède à des perquisitions chez tous les anciens députés radicaux, ainsi que chez les journalistes. Le chef du parti national-social, le député Klofa, est arrêté et emprisonné, sous l'inculpation de haute trahison ; la femme du recteur de l'école polytechnique est également arrêtée pour avoir dit : « Plût au ciel que les Russes fussent déjà à Prague ! »
Ainsi préparée, la mobilisation générale
tchèque donne des résultats inattendus : 80 0/0, tandis que l'on ne comptait guère que sur 60 0/0. Mais, combien sont nombreux les soldats tchèques qui emportent leurs sentiments slaves au fond de leur cartouchière ; au cours des longues marches, où plus d'un d'entre ces régiments entrevoit la désertion en masse, ils chantent, à mi-voix, l'hymne : Hei Slavani ! avec les paroles interposées :
Rus je o nàmi
Kdo proti nam
Aoho Franco smete (1).
[Journal de Genève, 6 et 8 décembre 1914.)
L'OPINION PUBLIQUE On est mal ren- EN SERBIE seigné sur ce qui
se passe à Belgrade, pendant la courte période où la Serbie est seule, face à face avec l'empire austro-hongrois. Les journées du 24 et du 25 apparaissent comme étrangement dramatiques. Le vaillant petit peuple jouait sa vie. Voici les impressions d'un témoin occulaire :
Belgrade était dans l'attente de la réponse russe, après l'appel que le prince royal avait adressé à l'empereur Nicolas. Le 25 juillet, à 3 heures de l'après-midi, dans les rues de la capitale, sorte de grand village placé sous le feu des canons austro-hongrois, le bruit se répand : « La Russie nous abandonne. Nous sommes perdus ! » Désespoir de la foule ! Cris, plaintes, protestations. Les histoires les plus absurdes se répandent : « Révolution au konak. Le roi est mort. Le prince royal est frappé. » Celui-ci sort. Il a le bras en écharpe. Que s'est-il passé ? Il parle avec animation à deux officiers qui ne paraissent pas de son avis. Il rentre au palais. On a le sentiment d'une lutte violente entre le parti militaire et le parti de la paix. Un peu après 3 heures, l'ordre de mobilisation est placardé. Mais, qui sait ? ce n'est pas le dernier mot. Il reste 3 heures encore.
Les messagers cornent d'une légation à
Le Russe est avec nous.
Qui sera contre nous l-e Français le balayera.
l'opinion publique et la guerre
l'autre. La foule s'amasse et roule de la légation de France à la légation russe. L'Italie est très populaire. « C'est l'Italie qui nous sauvera ! « Le konak est gardé militairement. Des milliers de dépêches arrivent de Russie à la famille royale, aux ministres, aux hommes politiques connus : « Tenez bon ! Nous vous soutiendrons jusqu'au dernier homme ! « On reprend courage. Il n'y a plus d'employés pour porter les télégrammes ; on les placarde aux murailles et la population de crier :
«A bas l'Autriche!
Malheur aux lâches ! » Ces cris visent le prince royal qu'on accuse de céder.
Les chefs de l'opposition sont convoqués au conseil.
On dit que Patchich a reçu une dépêche de Saint- Pétersbourg : « En tous cas, mobilisez ! » Il s'est écroulé dans un fauteuil , en essuyant son front couvert de sueur. Même aux yeux des Autrichiens et des Allemands, il ne passe pas pour appartenir au parti de la guerre. Le prince royal, si ardent quelques jours auparavant, semble aussi, maintenant, désireux d'un arrangement. C'est dans cet état d'esprit que Patchich a envoyé à Saint-Pétersbourg une dépêche que l'on croit conciliante. Il fait, assure-t-on, un nouvel effort et insiste.
A 5 heures et demie, on apprend que la note serbe a été rejetée. La confusion atteint sonapo-