‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 142 sur 148 · GOUVERNEUR DE PARIS · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR DE PARIS

tanéité admirable, toute faite d'intelligence et d'enthousiasme, cette assemblée saisissait, soulignait, parachevait chaque intention du discours. Elle se leva d'un bond pour le salut à la Russie, pour le salut à l'Angleterre, pour le salut à l'Italie, pour le salut à la Serbie, pour le salut, le plus long de tous, le plus chargé

d'amour , à nos frères d'Alsace- Lorraine. Mais, comment raconter cette séance : on en peut dire les faits ; l'émotion patriotique dont nous étions tous bouleversés, je ne saurais la saisir, la mettre sur ce papier. . . Avant même qu'elle ait jeté sur notre nation sa pluie de sang, la guerre, rien que par ses approches, nous fait déjà sentir ses forces régénératrices : c'est une résurrection. » Le comte de Mun évoque un souvenir : <( Tandis que, le cœur battant, les yeux pleins de larmes, j'assistais à ce spectacle, unique dans les fastes d'un peuple, la mémoire des jours passés se dressait devant moi.. Je revoyais cette journée du 15 juillet 1870 où, dans la petite cour du quai d'Orsay, j'attendais, lieutenant de cavalerie prêt à partir, la fin de la séance. Le capitaine de garde se montra, agitant son képi en criant : « La guerre est déclarée ! 1) Il y eut, parmi les officiers, une clameur d'enthousiasme. L'instant d'après, les

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