LA FONTAINE DE GUILLAUME II
OKFKRTE PAR l'emPEREUR A LA VILLE DE CONSTANTINOPLK
sur les catholiques de l'empire ottoman : « Nous ne combattons pas en Orient les intérêts français, mais un protectorat étranger sur les citoyens allemands n'existe pas. Nous sommes loin de prétendre protéger des ressortissants étrangers, mais la protection des Allemands ne regarde que l'empereur... Nous prendrons soin des droits de nos sujets catholiques en Orient, consciencieusement et fidèlement...» C'était un affront direct à la France, et
sans avertissement préalable, alors que le protectorat catholique avait été reconnu par le prince de Bismarck lui-même , au congrès de Berlin. Qu'importe?
De même la construction de la flotte, de l'aveu de Bùlow lui-même, devait « provoquer le mécon tentement et la méfiance de l'Angleterre » ; de même, la concession du chemin de fer de Bagdad était une atteinte directe aux intérêts russes et anglais en Asie, loin de la base d'opération de l'Allemagne. Tout cela, on le savait ; on le faisait donc, volontairement, consciemment, publiquement, durement. Comment s'y fût-on pris, si on eût voulu préparer et justifier d'avance la formation de la Triple-Entente ?
Aucune des puissances européennes ne s'était opposée à l'expansion coloniale allemande : toutes avaient conclu avec l'Allemagne des traités équitables lui reconnaissant sa part, sa très large part, en Afrique orientale, en Afrique occidentale, en Asie et dans le reste du monde. L'Angleterre avait même adhéré à une propo-
L AFFAIRE DU MAROC ET LA CRISE DES BALKANS