‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 2 sur 148 · L-iiiCrf tsrjii · texte numérisé non relu

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PORTRAIT DE LEMPERKUR CHAHLKS-QLJINT

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les ont accumulées sur leur tête, si, étant des héritiers, ils se sont enorgueillis de cet héritage, s'ils ont voulu étendre encore le domaine d'ambition et de force que l'ambition avait rêvé et que la force avait conquis, s'il en est ainsi, que la malédiction de tous ceux qui ont souffert par eux retombe sur eux ; que les morts se lèvent de leurs tombeaux et tendent vers eux le poing ; que l'humanité ait, à tout jamais, leur nom en exécration ; qu'ils soient méprisés, surtout, par la fidélité trahie de leurs propres peuples, déshonorés et trompés par eux ; que le châtiment de leur âme vaniteuse et tremblante soit égal, pendant l'éternité, à l'épouvante où ils ont précipité l'univers !

QUE DOIT ÊTRE Avant d'aborder l'exa- L' ALLEMAGNE men des circonstances de EN EUROPE? fait dans lesquelles l'Allemagne prussienne a déclaré la guerre à l'Europe, il convient d'exposer comment ce fait était la suite nécessaire et, nous pouvons dire, dès maintenant, l'issue fatale de certaines directions prises par l'histoire de ce pays. Etant donné ces directions, il était inévitable qu'il en vînt à ce geste agressif. La cause profonde de la guerre étant connue, servira à déterminer, d'avance, la forme de la paix, par suite duMicton : cessante causa cessât effectus.

Il convient donc que l'on ne perde pas un seul instant de vue ces origines certaines et cette issue probable, si l'on veut suivre, avec l'intelligence réelle des choses, les phases diverses de la lutte et les rattacher, par la pensée, au développement de la société des peuples et au sort de l'humanité.

L'Allemagne, ou plutôt la Germanie, située au centre de l'Europe, est une puissance pour ainsi dire indéfinie; c'est, à proprement parler, une mer sans rivage ; pesant sur toutes les frontières, elle est elle-même sans frontière. Son passé est aussi confus que son état géographique est indéterminé.

Voltaire dit : « Il est vrai que dans toutes les capitulations, on appelle l'Allemagne VEm-

pire ; mais c'est un abus de mots autorisé depuis longtemps... L'Allemagne est appelée Empire comme siège de l'Empire romain : étrange révolution dont Auguste ne se doutait pas ! »

Les maîtres allemands de la science moderne disent la même chose en termes plus pédantesques : Zeumer, dans sa dissertation sur le titre impérial, démontre que, contrairement à la conception des impérialistes anciens tels que Limnœus et des néo-impérialistes de l'école prussienne, — le titre impérial n'implique aucune supériorité de l'élément allemand sur les groupes non-allemands de l'Empire. En un mot, une confusion s'est faite, par politique, entre l'Empire et l'Allemagne : mais les deux données ne sont pas identiques. L'Allemagne n'est définie ni géographiquement ni politiquement, ni ethnographiquement, par le mot Empire.

Elle a été faite telle qu'elle est, depuis cinquante ans, par le travail de volontés humaines souvent contradictoires, en tous cas arbitraires, imprégnées d'astuce et d'ambitions particulières. On peut parfaitement concevoir une Allemagne autre que l'Empire allemand, une Allemagne mieux faite, plus « Allemagne » en quelque sorte, sans se mettre en contradiction avec les lois de la géographie, ni avec les lois de l'histoire, ni même avec les sentiments des peuples.

L'Empire romain germanique du moyen âge est quelque chose à la fois d'énorme et d'inconsistant, une sorte de déliquescence des choses du passé où les formes de l'avenir sont en germe. Frédéric Barberousse ajouta au mot Imperium l'épithète Sacrum « pour théocratiser l'Empereur contre le Pape ».

Il se produisit, dès lors, une sorte d'antagonisme, entre la forme nécessaire d'une vaste communauté des peuples et les ambitions dynastiques de ceux qui la dirigent : la masse flottante est exploitée et entraînée dans le sens des ambitions qui se sont élevées au-dessus d' elle.

Au début, le séjour de la puissance impériale est à Vienne, et la famille ambitieuse, ce sont

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