SARAJEVO, CAPITALE DE
çaise au Maroc sont consacrées et, d'ailleurs, limitées par l'aréopage européen. Mais tout recommence.
L'Allemagne a donné, de bouche seulement, son adhésion aux conclusions de la conférence ; elle a senti, autour d'elle, la mériance universelle. Non seulement l'Angleterre et la Russie, mais les Etats-Unis, et même (très timidement, il est vrai) les puissances de la Triple- Alliance, r Autriche-Hongrie, l'Italie, ont pris position contre elle. Elle a dû céder, mais elle ronge son frein. Le père de la Weltpolitik, le prince de Bùlow, se sent devenir lui-même victime du Moloch pangermaniste. Il est suspect de tiédeur. Son discours, au Reichstag (6 avril 1906), retentit comme une plainte, au moment où une longue maladie va le tenir écarté du pouvoir :
« Nous avons traversé une période de fatigue, d'inquiétudes, et je crois que nous pouvons, maintenant, regarder devant nous avec plus
LA BOSNIE-HERZEGOVINE
de calme. La conférence d'Algésiras a eu, suivant mon opinion, un résultat également satisfaisant pour l'Allemagne et pour la France, et utile à tous les pays civilisés. »
Ce n'est pas ce que l'on cherchait en Allemagne. Bientôt, l'affaire des déserteurs de Casablanca (octobre-décembre 1908) est sur le point de mettre de nouveau le feu aux poudres ; seul, le sang-froid du gouvernement français force le gouvernement allemand à reconnaître la fausse position ovi il s'est mis et à se réfugier dans la procédure de l'arbitrage.