‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 31 sur 148 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

L'ATTENTAT DE SARAJEVO LA TENSION DIPLOMATIQUE

Les Projets combinés de l'empereur Guillaume II et de l'archiduc François-Ferdinand.

Assassinai de l'archiduc. — Emotion dans le monde entier.

La Volonté agressive de V Autriche-Hongrie. — L'Ultimatum austro-hongrois.

u début de l'année 1914, la double action de l'Allemagne au Maroc et de l' Autriche-Hongrie dans les Balkans aboutissait à une double impasse. Au Maroc, la France, à force de patience, de sagesse, d'esprit de concession, comme elle l'avait montré en abandonnant une partie de sa colonie du Congo, restait maîtresse de la situation. Dans les Balkans, la conception pour laquelle le comte Berchtold avait obtenu le consentement de l'Europe, à savoir une Albanie indépendante, n'était plus, par l'échec du prince de Wied, qu'un fiasco avéré.

La Serbie, victorieuse à la fois dans la guerre contre la Turquie et dans la guerre contre la Bulgarie, n'avait plus qu'à consolider le fruit de ses efforts. La situation est présentée par M. Vesnitch dans les termes suivants : « Nous venions à peine de sortir de deux guerres sanglantes et coûteuses et d'émettre, sur le marché de Paris, un emprunt de liquidation. Comme notre territoire était sensiblement agrandi, presque doublé, nous nous étions mis à l'œuvre pour mettre,

aussitôt que possible, en valeur nos nouvelles provinces; en vue de quoi, nous nous étions empressés d'engager des spécialistes en France et dans d'autres pays, même en Allemagne (i). Il fallait organiser les nouvelles contrées, récupérées du joug ottoman après tant de siècles d'esclavage; il fallait y répandre partout l'instruction publique ; nous méditions sur les moyens de relever notre agriculture et nos finances et de refaire notre armement, de construire de nouvelles lignes de chemins de fer, de canaliser nos fleuves et nos rivières, d'irriguer nos champs... Au mois de juillet, la Serbie était en train de négocier, avec les représentants austro-hongrois, une série de questions résultant des changements territoriaux réalisés par les traités de Londres et de Bucarest. Nous étions, en outre, à la veille des élections générales, et tous nos hommes politiques, M. Pachitch en tête, étaient partis pour faire la campagne électorale... »

(i) Il n'y avait en Serbie aucun parti pris contre l'influence allemande. M. Jovan Cvijic écrivait encore, en 1909, après l'annexion de la Bosnie et de l'Herzégovine : « 11 est à peine besoin de dire que l'auteur n'est pas un adversaire de la haute culture allemande. 11 croit, au contraire, que les jeunes peuples balkaniques, tout en gardant leurs caractères nationaux, doivent l'étudier et l'adopter en ce qu'elle a de profond. » (Bosnie et Question serbe, p. 68.)

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