L'ATTENTAT
Il hésita, paraît-il, au dernier moment. Il avait, le matin de son départ, passé plusieurs heures dans son oratoire et confié à ses proches qu'il partait le cœur serré. Son destin le poussait.
Peut-être, ce pas décisif avait-il été motivé par un bruit qui s'était répandu dès les premiers jours de juin : on assurait que la Serbie et le Monténégro avaient résolu de s'unir plus étroitement. Ils établiraient entre eux, d'abord, l'unité douanière et auraient deux ministères communs : les Affaires étrangères et les Finances. C'était la résistance slave qui s'organisait dans lesBalkans et cela, ajoutait-on, sous l'égide et avec les encouragements du Gouvernement russe. Les positions se prenaient donc de part et d'autre.
Quoi qu'il en soit, les intentions et les projets de l'archiduc François-Ferdinand n'étaient pas tenus dans un secret si absolu qu'ils n'eussent filtré à travers les mailles, peu serrées, des nationalités diverses et des fidélités contrastées
L ATTENTAT DE SARAJEVO. LA TENSION DIPLOMATIQUE