‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 36 sur 148 · M. PATCHICH ET LE PRINCE ALEXANDRE DE SERBIE · texte numérisé non relu

M. PATCHICH ET LE PRINCE ALEXANDRE DE SERBIE

constituant la monarcliie et la bureaucratie austro-hongroises. Dans les pays du Danube, tout le monde est aux écoutes, tout se sait. Les conspirateurs bosniaques furent avertis et, comme l'archiduc Ferdinand se mettait en mouvement pour écraser la « conspiration panserbe », celle-ci résolut de l'arrêter.

Le choc fatal se produisit.

Le 28 juin, l'archiduc Ferdinand et sa femme furent assassinés à Sarajevo dans des circonstances dont le détail fut exposé en ces termes, par la version officielle, adressée de Vienne aux agences : « L'archiduc François-Ferdinand et sa femme, la duchesse de Hohenberg, se rendaient au municipe pour la réception des autorités, quand une bombe fut lancée contre eux : elle tomba sur le bras de l'archiduc qui la repoussa d'un simple mouvement. La bombe

fit explosion après le passage de la voiture. Le comte Boor-Waldeck et l'aide de camp, lieutenant-colonel Mirizzi, qui se trouvaient dans une automobile de la suite, furent légèrement blessés et quelques pei'sonnes le furent grièvement dans la foule qui se pressait sur le passage des voitures. L'auteur de cet attentat est un certain Kaprinovic, typographe, originaire de Trebinge : il a été arrêté immédiatement. « Après la réception officielle au municipe, l'archiduc retournait au konak quand se produisit un second attentat à coups de revolver browning. L'archiduc fut atteint au visage et la duchesse à l'abdomen. L'archiduc et la duchesse furent transportés aussitôt au konak où ils expirèrent. L'auteur du second attentat est un étudiant de huitième classe, au lycée, un certain Princip, né à Grahovo. Il fut arrêté

aussitôt. Les deux assassins ont été soustraits à la fureur de la foule qui voulait les lyncher. L'auteur de l'attentat, Gravilo Princip, âgé de 19 ans, né à Grahovo, dans le district de Livro (Bosnie), a déclaré à la police qu'il avait étudié pendant plusieurs années à Belgrade et qu'il avait, depuis longtemps, l'intention de tuer un haut personnage, par dévouement à la cause nationahste.

« Il attendit que le prince passât sur le quai Général-Appel pour commettre l'attentat. Princip a raconté que la voiture de l'archiduc, revenant du municipe, ralentit à l'angle de la rue François - Joseph .

Lui, Princip, hésita un instant, parce que la duchesse était dans la voiture, mais qu'il tira soudain ses deux coups. Il nie avoir des complices. Le typographe Nedeljko Kopronic, âgé de

20 ans, auteur du premier attentat, a déclaré à la police qu'il reçut la bombe des mains d'un anarchiste de Belgrade dont il ignore le nom. Lui aussi déclare n'avoir aucun compHce. Son attitude fut cynique pendant l'interrogatoire de la police.

A peine la nouvelle de l'attentat se fut-elle répandue, que des drapeaux noirs furent arborés à toutes les maisons de la ville. La douleur est générale dans toutes les classes

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