‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 39 sur 148 · L'ARCHIDUC FRANÇOIS-FERDINAND ET GUILLAUME II AUX MANŒUVRES · texte numérisé non relu

L'ARCHIDUC FRANÇOIS-FERDINAND ET GUILLAUME II AUX MANŒUVRES

ÉMOTION CAUSÉE L'empereur Guillaume PAR L'ATTENTAT assistait aux régates de Kiel et était à bord du yacht Météor. On a raconté qu'il était sur le pont quand la nouvelle fut télégraphiée. On lui apporta le pli fermé : « Ah! non, non! dit-il, qu'on nous laisse tranquilles! » Cependant, il ouvrit l'enveloppe, lut les quelques lignes, pâlit... et c'est alors qu'il aurait dit : « L'archiduc est mort, c'est toute mon œuvre à recommencer... «Après ce premier mouvement, la réflexion lui inspira, sans doute, la pensée contraire, à savoir, de poursuivre plus énergiquement l'entreprise commune.

La destinée frappait sa première victime; celui qu'elle visait ensuite ne voulut pas comprendre l'avertissement qui lui était donné. Peut-être se fût-il arrêté, si ce sang qui coulait d'abord, eût évoqué en lui la vision de la catastrophe que sa volonté, à cette heure précise, en s'obstinant, déterminait ?

Les effets de l'attentat se développèrent comme une vague circulaire, du lieu où il s'était produit jusqu'aux extrémités du monde. A Sarajevo, où les Serbes sont une petite minorité.

la populace met à sac leurs boutiques, leurs maisons ; la ville et d'autres, comme Mostar, offrent un spectacle de terreur et d'anarchie. A Vienne, ont heu des conseils répétés où assistent le comte Berchtold, le ministre de la Guerre et le chef d' Etat-Major. Les ministres sont reçus par l'empereur François-Joseph, revenu en toute hâte d'Ischl à Schœnbrunn.

Nous avons indiqué déjà l'émotion agressive produite sur l'opinion austro-hongroise, et surchauffée encore par la presse, même officieuse; les cercles officiels ne cherchent nullement à la calmer. M. Dumaine, dévoilant, dès le 2 juillet, le plan conçu dès la nouvelle de l'attentat, écrit : «Le crime de Sarajevo suscite les plus vives rancunes dans les milieux mihtaires autrichiens et chez tous ceux qui ne se résignent pas à laisser la Serbie garder, dans les Balkans, le rang qu'elle a conquis. L'enquête sur les origines de l'attentat qu'on voudrait exiger du gouvernement de Belgrade, dans des conditions intolérables pour sa dignité, fournirait, à la suite d'un refus, le grief permettant de procéder à tme exécution militaire. »

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