GUILLAUME II ET L'ARCHIDUC FRANÇOIS-FERDINAND
On s'émeut à Belgrade. Une note officieuse, datée du 30 juin, dit : « Nous pouvons à peine concevoir la possibilité que la presse allemande puisse inculper la Serbie et l'attaquer pour cet attentat inqualifiable d'un jeune homme d'une mentalité maladive... Le gouvernement royal prendra des mesures envers les éléments sujets à caution se trouvant sur son territoire. »
L'empereur d'Allemagne est rentré à Wildpark ; il fait savoir que, de là, il se rendra aux obsèques. L'empereur et l'impératrice d'Allemagne adressent à la princesse Sophie de Hohenberg, l'aînée des enfants de l'archiduc, un télégramme ainsi conçu : « Nous ne pouvons guère trouver de paroles pour vous exprimer à vous, enfants, comme nos cœurs saignent en songeant à votre douleur indicible. Il n'y a pas encore quinze jours que nous avons vécu chez vous de si belles heures avec vos'parents, et, maintenant, vous savoir dans ce chagrin immense! Dieu vous aide et vous donne la force de supporter ce coup : la bénédiction de vos parents survit à la tombe. «
Presque tous les j ournaux, depuis la catholique Germania, jusqu'au radical Berliner Tageblatt, rendent la Serbie responsable de l'assassinat.
En Russie, le ton est à la fois pessimiste et ferme. Le Courrier de Saint-Pétersbourg
écrit : « La main d'un Serbe a frappé mortellement un prince qui portait en lui la flamme qui pouvait allumer la conflagration européenne. La destinée ofïre à l'Autriche une occasion de changer ses voies et de racheter les péchés commis par elle depuis dix ans. Dans l'intérêt de la paix et pour la prospérité générale européenne, nous espérons que la tragédie d'hier coïncidera avec une nouvelle orientation de la politiqiie autrichienne en Europe. «
En France, en Angleterre, en Italie, on essaye de calmer et d'apaiser ; le marquis di San Giuliano s'exprime ainsi, dans son discours à la Chambre : « Nous espérons tous que l'admirable fermeté d'âme de l'empereur François- Joseph saura supporter ce nouveau choc. Tous, nous trouvons, en sa haute sagesse, une sauvegarde pour la paix, condition nécessaire du progrès et de la prospérité pour tout l'univers. »
Les condoléances contenaient, comme on le voit, un conseil respectueux.
Les corps de l'archiduc et de sa femme furent transportés à Trieste, par le cuirassé Viribus Unitis, et de Trieste à Vienne.
Il avait été décidé que, en raison de la situation déhcate de la duchesse de Hohenberg, le cérémonial garderait un caractère d'intimité. Par la volonté de l'empereur François-Joseph,
L ATTENTAT DE SARAJEVO. LA TENSION DIPLOMATIQUE