‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 53 sur 148 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

« Une Autriche moralement affaiblie, et cédant peu à peu sous la poussée de l'élément panslaviste russe, n'eût plus été pour nous une alliée sur laquelle nous pouvions compter comme nous le devions, étant donné l'attitude de plus en plus menaçante de nos voisins de l'Est et de l'Ouest. Nous laissâmes, par conséquent, l'Autriche- Hongrie entièrement libre d'agir à sa guise, vis-à-vis de la Serbie. »

Voilà donc, dans la bouche du chancelier, l'aveu absolu du parti pris de l'Allemagne de chercher une guerre générale, non seulement au point de vue du conflit spécial austroserbe, mais au point de vue des intérêts allemands. Le rôle de l'Allemagne est défini : la négociation est vouée d'avance à un échec.

C'est la première impression de M. J. Cambon, ambassadeur de France à Berlin. Il télé-

graphie, dès le 24 juillet, «qu'une grande partie de l'opinion en Allemagne souhaiterait la guerre. Le ton de la presse est menaçant et paraît avoir pour but d'intimider la Russie ».

LE CHOC La procédure diploma-

DIPLOMATIQUE tique s'ouvre alors et elle apparaît comme purement formelle et réglée d'avance de la part des deux puissances. Ainsi en témoigne le télégramme du comte Szecsèn à son gouvernement, daté du 24 juillet : « Conformément à ses instructions, le baron de Schœn déclarera aujourd'hui à Paris que notre controverse avec la Serbie est, de l'avis du cabinet de Berlin, une affaire ne concernant que l'Autriche et la Serbie. Prenant cette déclaration pour point de départ, il insinuera que, « dans le cas où des tierces puissances s'immisceraient dans l'affaire.

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