CAILLAUX
l'Allemagne, fidèle aux obligations de l'alliance, se troiuerait à nos côtés ».
En six lignes, c'est tout le programme.
M. de Schœn se rend le 24, probablement dans l'après-midi, au quai d'Orsay. Il présente à M. Bienvenu-Martin une note justifiant l'attitude prise par l' Autriche-Hongrie à l'égard de la Serbie, et il attire spécialement l'attention du ministre sur deux points : 1° « Le gouvernement allemand estime que la question actuelle est une affaire à régler entre r Autriche-Hongrie et la Serbie et que les puissances ont le plus sérieux intérêt à la restreindre aux deux parties intéressées ». C'est une menace indirecte à la Russie. 2° « Le gouvernement allemand désire ardemment que le conflit soit localisé, toute intervention des puissances devant, par le jeu naturel des alliances, provoquer des conséquences incalculables. »
Le système se résume en ces mots que nous avons relevés, dès le début, dans la presse pangermaniste : le conflit localisé. Pendant que r Autriche-Hongrie étrangle la Serbie, l'Allemagne fait le moulinet pour empêcher qui que ce soit de se mêler à la querelle.
M. Bienvenu-Martin dit à l'ambassadeur d'Allemagne : « — Mais vous n'envisagez que deux hypothèses : l'acceptation ou le refus pur et simple de la part de la Serbie. N'y aurait-il pas place à un arrangement, c'est-à-dire à une négociation ? »
Et M. de Schœn de lui répondre assez cavaHèrement : « — Il est permis d'espérer... Quant à moi, je n'ai pas d'opinion sur ce sujet. »
Voici donc la négociation préliminaire, relative au sursis, qui s'engage sur cette base tremblante ; elle se cherche dans l' obscurité voulue où le manque de franchise visible d'une des parties la traîne, durant cette dernière semaine de j uillet .
LA NOTE AUSTRO-HONGROISE A LA SERBIE. LE CHOC DIPLOMATIQUE