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LE DEPART D'UN REGIMENT SERBE POUR LE FRONT

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pour conjurer la crise, nous avons été d'accord pour penser que le cabinet anglais demanderait au gouvernement allemand de prendre l'initiative d'une démarche à Vienne, pour offrir une médiation, entre l'Autriche et la Serbie, des quatre puissances non directement intéressées. »

Dès la première heure, M. J. Cambon suggère à sir Edw. Grey de « réclamer l'intervention officieuse du gouvernement allemand à Vienne pour empêcher une attaque subite ».

Mais on ne se fait pas beaucoup d'illusions • « La situation est des plus graves et nous ne voyons aucun moyen d'enrayer la marche des événements. » Sir Edw. Grey a fait observer, quand l'ambassadeur d'Autriche-Hongrie est venu lui communiquer la note adressée à la Serbie, que « jamais déclaration aussi formidable n'avait été adressée par un gouvernement à un autre ».

La Belgique, elle-même, qui certes, de toutes les puissances européennes, pouvait se croire le moins mêlée au conflit, commence à s'émouvoir. M. de Beyens, ministre belge à Berlin, a le sentiment qu'il s'agit, de la part de l'Allemagne et de l'Autriche, d'une conjuration préparée de longue main. « Il considère que l'Autriche et l'Allemagne ont voulu profiter du concours des circonstances qui fait, qu'en ce moment, la Russie et l'Angleterre leur paraissent menacées de troubles intérieurs et qu'en France, le régime militaire est discuté... pour surprendre la Triple-Entente dans un moment de désorganisation. »

Ce sentiment s'est répandu dans la presse; l'Echo de Paris a publié un article intitulé : « La sommation autrichienne est suivie de la menace allemande; M. de Schœn, au quai d'Orsay. « L'Allemagne en profite pour se donner l'avantage d'une protestation.

« M. de Schœn a dit à un certain nombre de journalistes et est venu affirmer à la direction politique qu'il n'y a pas eu « concert » entre l'Autriche et l'Allemagne pour la note autrichienne et que le gouvernement allemand ignorait celle-ci, bien qu'il l'eût approuvée ultérieu-

rement, quand elle lui a été communiquée, en même temps qu'aux autres puissances. »

Cette insistance prouve la volonté de dégager l'Allemagne autant que possible, pour lui laisser une indépendance apparente à l'égard de l'Autriche. M. de Schœn ajoute qu'il n'y a pas de (^ menace » à la Serbie.

Cette communication et les termes savamment adoucis d'une communication autrichienne à Londres, rendent un instant l'espoir. Peut-être les puissances non engagées dans le conflit peuvent-elles encore intervenir utilement pour essayer d'arranger les choses.

Sir Edw. Grey, relevant la suggestion de M. J. Cambon, dit à l'ambassadeur d'Allemagne que « la seule chance qu'on aperçoive d'éviter un conflit, consisterait dans une médiation de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Angleterre ; l'Allemagne, seule, pouvant exercer, en ce sens, une action sur le gouvernement à Vienne ». L'ambassadeur promet de transmettre la suggestion à Berlin, mais il ne se fait pas beaucoup plus d'illusions que M. de Schœn à Paris : « L'Allemagne ne se prêtera à aucune démarche à Vienne »

(25 juillet). Il déclare au Foret gn Office, sans même attendre la réponse de son gouvernement : « L'Allemagne refusera de s'immiscer dans le conflit qui divise l'Autriche et la Serbie. »

On préfère ne pas rompre, mais on ne laisse pas ignorer qu'on ne se prêtera à aucune concession, même à un simple délai.

Alors, à quoi bon négocier ?

Sir Edw. Grey est surpris, choqué. Il voit les conséquences apparaître et il dit à l'ambassadeur « que si la guerre venait à éclater, aucune puissance, en Europe, ne pourrait s'en désintéresser ».

A Saint-Pétersbourg, les choses n'ont pas une meilleure tournure. On sait que la Serbie est décidée à résister à certaines des exigences austro-hongroises. On a reçu, le 24 juillet, un télégramme du chargé d'affaires à Belgrade, ainsi conçu : « Patchich est rentré à Belgrade. Il a l'intention de donner, dans le délai fixé.

A NOTIC AlJSTRO-HON'GROISi: A LA S IC R B ! E . LE CHOC DIPLOMATIQUK

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