LA FOULE DEVANT LA CAISSE D'EPARGNE DE PARIS
de l'Autriche-Hongrie sur ce point et prouve qu'elle avait, en dépit des affirmations de son ambassadeur, comme arrière-pensée, un plan de subordination et de conquête de la Serbie (i).
Tout le reste n'est que protestation vaine et faux semblant. On essayait de tromper la Russie et les puissances, quand les ambassadeurs germaniques à Saint-Pétersbourg, quand le comte Berchtold, lui-même, affirmaient que l'Autriche-Hongrie ne se proposait aucune acquisition territoriale, mais seulement le maintien du statu quo.
M. Sazonoff avait, d'ailleurs, une pierre de touche : « Si l'Autriche et l'Allemagne étaient réellement dans l'intention d'aboutir à un accord avec les puissances, si elles avaient le désir d'éviter la guerre, elles n'avaient qu'à se prêter à une négociation loyale. C'est pour-
(i) Voir ci-dessous le texte îles déclaialions de M. Salandra.
quoi le ministre russe terminait l'entretien du 24 juillet, en adjurant l'Allemagne de bien vouloir travailler, de concert avec la Russie, au maintien de la paix... »
On tournait dans un cercle : l'ambassadeur répète que l'Empire allemand soutiendra intégralement, « cela va sans dire, les intérêts de son alliée ». {Livre rouge austrohongrois.)
Chose remarquable, à Londres, on tenait un langage sensiblement différent : on espérait encore déterminer l'Angleterre à ne pas se mêler au conflit. Le comte Berclitold télégraphiait, le 24, à son ambassadeur : « Dites bien à sir Edw. Grey, dans la plus stricte confidence, qu'il ne s'agit pas d'un ultimatum, mais d'une démarche avec limitation de temps; si elle n'aboutit pas, elle sera suivie d'une « rupture des relations diplomatiques, avec commencement des préparatifs militaires nécessaires... »
C'était presque le délai accordé à demi-voix.