‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 71 sur 148 · AMBASSADEUR DE FRANCE A VIENNE · texte numérisé non relu

AMBASSADEUR DE FRANCE A VIENNE

riger quelque peu une donnée qui circule et qui, par son exagération, nuirait au fond des choses. Dans un entretien qu'il a, le 27 juillet, avec l'ambassadeur d'Autriche, il lui dit que l'effet produit sur l'Europe est un effet d'anxiété.

Il fait un premier pas dans la voie de

l'action : « J'ai signalé que notre flotte devait se disperser au j our d' hui , mais que nous avions senti ne pouvoir permettre cette dispersion.

Nous ne pensions pas à appeler nos réserves en ce moment, mais, étant donné la possibilité d'une conflagration européenne, il ne nous était pas possible de disperser nos flottes pour l'instant. »

Le gouvernement français, luimême, n'a pas l'impression que l'Angleterre se mêlera au conflit. Sir Francis Bertie télégraphie de Paris : « Aujourd'hui, j'ai mis M. Bienvenu-Martin au courant de la conversation que vous avez eue

l'Angleterre ne marcherait pas à cause d'un différend entre la Serbie et l'Autriche, la Russie et la France auraient pu trouver un moyen de s'entendre avec l'Autriche. Si, au contraire, sir Edw. Grey avait déclaré que V Angleterre était prête à marcher, il est probable que l'Autriche, pour le salut de l'Allemagne, se serait plus disposée à un compromis. Mais, en laissant son attitude incertaine, en nous laissant comprendre qu'il n'était pas lié pour la guerre, sir Edw. Grey a certainement amené la guerre. S'il avait eu une attitude décidée dès le début, dans un sens ou dans l'autre, il aurait pu éviter cette chose terrible.» {Echo de Paris, 16 avril igô.) Il convient d'ajouter, comme on le verra plus loin, qu'au mois d'août, le même Ballin^ écho de la même pensée impériale, attribuait la guerre uniquement à la responsabilité russe.

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avec l'ambassadeur de Russie. Il m'a exprimé sa gratitude au sujet de cette communication. Il comprend parfaitement que le gouvernement de Sa Majesté ne peut se déclarer solidaire avec la Russie, pour une question qui se pose entre l'Autriche et la Serbie, et qui, dans son état actuel, ne touche pas l'Angleterre. Il comprend également que vous ne pouvez adopter, à Berlin et à Vienne, une attitude encore plus serbophile que celle qu'on attribue en Allemagne et en Autriche au gouvernement russe. »

Ainsi encouragé, le gouvernement britannique ne modifie rien dans sa position, au contraire. Le 28, sir M. de Bunsen, ambassadeur à Vienne, télégraphie encore à sir Edw. Grey : « En prenant congé du ministre je l'ai prié de croire que si, au cours de la grave crise actuelle, notre point de vue venait parfois à différer du sien, cela proviendrait, non pas d'un manque de sympathie avec les nombreuses et justes raisons que l'Autriche avait de se plaindre de la Serbie, mais du fait que, tandis que l' Autriche-Hongrie mettait en première ligne sa querelle avec la Serbie, ce qui vous préoccupait, tout d'abord, était la paix de l'Europe. J'émis la conviction que cet aspect plus large de la question se recommanderait avec autant de force à Son Excellence. »

Telles étaient les dispositions de l'Angleterre, le 28 juillet. Ne pas intervenir dans le conflit austro-serbe, et ne se mêler directement à l'incident que si le danger d'un conflit apparaissait entre les grandes puissances européennes.

Le cabinet de Londres se borne donc, pour le moment, à essayer d'exercer une action médiatrice; malheureusement, il faut bien reconnaître que, dans le court espace de temps laissé à cette action, une certaine confusion se produit :

D'une part, la Russie conseille à la Serbie de demander^ la médiation du gouvernement britannique. ''•

D'autre part, M. Sazonoff, qui se déclare

prêt à « négocier jusqu'au dernier instant », essaye d'un accord direct avec l'Autriclie- Hongrie. Le 26 juillet, il fait venir l'ambassadeur Szapary, pour le convier à une franche et loyale explication. Il lui dit : « L'intention qui a inspiré votre ultimatum est légitime, si vous n'avez poursuivi d'autre but que de protéger votre territoire contre les menées des anarchistes serbes ; mais le procédé auquel vous avez eu recours n'est pas défendable. » Il conclut : « Reprenez votre ultimatum, modifiez-en la forme, et je vous garantis le résultat. «

Cependant, le cabinet de Londres met sur pied le projet d'une sorte de médiation à quatre, « de la part des puissances moins directement intéressées ». On croit obtenir, sur ce point, l'adhésion de l'Allemagne. L'ambassadeur britannique à BerHn a le « sentiment d'un peu de fléchissement ».

Ces procédures diverses s'entremêlent et se nuisent. On verra que la diplomatie des deux empires en profitera pour tout embrouiller et se dérober à l'une et à l'autre des propositions.

ATTITUDE L'Allemagne a aussi

DE L'ALLEMAGNE son système. Tablant sur les protestations pacifiques, très sincères, du quai d'Orsay, elle prétend tirer la France à part et se lier à celle-ci exclusivement, pour chercher les éléments d'un accord.

M. Bienvenu-Martin télégraphie :

« L'ambassadeur d'Allemagne est venu, cet après-midi (26 juillet), me faire une communication tendant à une intervention de la France auprès de la Russie, dans un sens pacifique. L'Autriche, a-t-il dit, a fait déclarer à la Russie qu'elle ne poursuivait ni agrandissement territorial, ni atteinte à l'intégrité du royaume de Serbie ; sa seule intention est d'assurer sa propre tranquillité et de faire la police. C'est des décisions de la Russie qu'il dépend qu'une guerre soit évitée ; l'Allemagne se sent solidaire de la France, dans l'ardent désir que la paix puisse être maintenue, et a le ferme espoir

LA NOTE AUSTRO-HONGROISE A LA SERBIE. LE CHOC DIPLOMATIQUE

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