UNE MANIFESTATION A MUNICH
choses entre elles. » Une modification sensible est introduite, le 26: l'Italie, saisie également, a fait savoir « qu'elle était extrêmement désireuse d'éviter la guerre et elle adhère à la proposition de conférence ».
Sir Edw. Grey a donc pour plan de réunir, à Londres, une « petite conférence » à laquelle prendront part, le ministre anglais et les représentants de la France, de l'Italie et de l'Allemagne.
L'empereur Guillaume trouve cette proposition sur sa table, quand il arrive à Berlin, le 26 au soir, en même temps que la réponse de la Serbie à la note austro-hongroise.
Il sait aussi que le ministre autrichien à Belgrade est rappelé et que la rupture est imminente.
Va-t-il pencher exclusivement vers son allié, va-t-il se rapprocher des puissances, pour
chercher avec elles les conditions d'un arrangement ?
Dès le 27, la réponse est donnée par le cabinet de Berlin, dans les termes suivants : « Le secrétaire d'État dit que la conférence que vous proposez équivaudrait, en pratique, à une cour d'arbitrage et, à son avis, ne saurait être convoquée qu'à la requête de l'Autriche et de la Russie. Il a donc déclaré ne pas pouvoir se rallier à votre proposition, malgré son désir de coopérer au maintien de la paix. »
Comme si l'objection que le ministre mettait en avant ne lui paraissait pas à lui-même des plus fortes, — car, comme le lui fait observer M. J. Cambon, elle était de pure forme, — il en donne une autre; il objecte la deuxième procédure menée de front par le cabinet de Saint-Pétersbourg. « Il a ajouté,
HISTOIRE ILLUSTRÉK DK LA GUERRE DK I9I4
télégraphie l'ambassadeur britannique, que des nouvelles qu'il venait de recevoir de Saint-Pétersbourg indiquaient que M. Sazonofî avait l'intention d'avoir un échange de vues avec le comte Berchtold ; qu'il pensait que ce mode de procédure était susceptible de mener à un résultat satisfaisant et qu'avant défaire quoi que ce soit de plus, le mieux serait d'attendre ce qui sortirait des pourparlers directs entre les gouvernements autrichien et russe. En finissant, le secrétaire d'Etat m'a dit que les nouvelles de Saint - Pétersbourg le portaient à envisager la situation générale avec un peu plus d'espoir. »
L'empereur Guillaume et ses ministres se dérobaient, une fois de plus ; persistant dans leur système d'acculer la Russie à un échec et de semer, entre les membres de la Triple-Entente,
des méfiances qui la disloquent, ils gagnent du temps, sans, cependant, rompre tout à fait. La Russie elle-même s'y laisse prendre un instant.
M. Paléologue télégraphie, le 27 : « M. Sazonoff a tenu, à tous mes collègues, un langage conciliant. Malgré l'émotion publique, le gou-