‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 80 sur 148 · L'HOTEL DE L'AMBASSADE D'AUTRICHE A PARIS, GARDE PAR LA POLICE · texte numérisé non relu

L'HOTEL DE L'AMBASSADE D'AUTRICHE A PARIS, GARDE PAR LA POLICE

mânes, dans l'Adriatique et la mer Egée, devenait impossible et si cette situation était la conséquence de l'attitude d'une troisième puissance ou avait une cause qui dût contraindre l'Autriche ou l'Italie à changer ce statu quo par une occupation temporaire ou durable.

« Cette occupation ne pourra avoir lieu qu'après des accords préalables entre les deux puissances, sur la base du principe de consentement réciproque, pour tous les avantages territoriaux ou d'un autre ordre que l'une d'elles viendrait à obtenir, modifiant le présent statu quo et de manière à satisfaire les prétentions justifiées des deux parties. »

Le mépris de ces engagements était un fait extrêmement grave et qui suffisait pour établir que les deux empires complices étaient décidés à tout braver.

Tel était bien le sentiment de l'Italie depuis le début des affaires balkaniques et elle l'avait fait connaître clairement à l' Autriche- Hongrie, dès novembre 1912, et surtout en avril 1913, ainsi que l'a exposé M. Tittoni dans le remarquable discours du 25 juin 1915 : « Le jour où l'Autriche prétendrait troubler de n'importe quelle façon ou mesure l'équilibre adriatique, la Triple-Alliance aurait cessé d'exister. Je suis certain que cette dernière considération, exposée par Votre Excellence aux ministres des Affaires étrangères d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie, les persuadera qu'ils doivent se préoccuper des intérêts vitaux de l'Italie et qu'ils doivent faciliter la tâche entreprise par Votre Excellence de les concilier avec les intérêts autrichiens, parce qu'en cas contraire, le traité de la Triple- Alliance sera déchiré par leurs mains. »

(Dépêche de M. Tittoni du i^r mai 1913.) L'Italie ne pouvait donc accepter cette insolente prétention de ses droits sans renoncer à ses plus précieux intérêts. Mais, d'autre part, elle se trouvait placée devant une résolution de la plus haute importance historique, la rupture de la Triple-Alliance.

C'est dans cette situation extrêmement difficile qu'elle abordait les négociations à Berlin.

Dès le 24 juillet, M.BoUatti, ambassadeur d'Itahe, fait connaître à M. de Jagow le point de vue de son gouvernement : « L'Italie, moyennant garantie de ses intérêts, et conformément à l'article 7 du traité d'alliance, observera une attitude de neutralité bienveillante et amicale à l'égard del' Autriche-Hongrie et ne lui créera pas de difficultés. »

Il ajoute même que l'Italie voulait suivre, dans toutes les questions balkaniques, une politique d'entente avec ses alliés. Mais l'ambassadeur réclame des précisions, au sujet de l'interprétation de l'article 7 de la Triple- AUiance. En un mot, l'Itahe ne se met pas encore en dehors du groupement auquel elle a si longtemps appartenu; toutefois, au moment où l'on rompt, sans même l'avertir, les engagements communs, elle « marque le coup « et elle demande des explications et des garanties. A ce même moment, les puissances pacificatrices s'adressent à l'Italie pour obtenir son concours dans les négociations en vue de la

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