‹ Histoire illustree de la guerre de 1914. --Chapitre 85 sur 148 · LA NOUVELLE GARE DE METZ · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE GARE DE METZ

honteuse »; il plaide la cause de l'Autriche contre la Serbie.

Je pense qu'il esi très possible à la Russie de persévérer, en présence de la guerre austro-serbe, dans son rôle de spectatrice, sans enirainer l'Europe dans la guerre la plus eflroyable qu elle ait jamais vue.

Il conseille l'entente directe entre le gouvernement russe et le gouvernement austrohongrois; il ajoute, dans l'intention évidente de porter la responsabilité tout entière sur la Russie :

Naturellement, des mesures militaires de la Russie, que l'Autriche-Hongrie pourrait considérer comme une menace, hâteraient une calamité que tous deux nous cherchons à éviter et rendraient également impossible ma mission de médiateur que j'ai acceptée avec empressement, lorsque tu as tait appel à mon amitié et à mon aide.

L'empereur Guillaume accepte donc le rôle de médiateur. Par quels actes précis, par quelle pression sur le gouvernement austro-hongrois, par quel télégramme à l'empereur François- Joseph, sa promesse d'agir sur l'Autriche vat-elle se manifester ? Le Livre blanc reste muet.

Bien plus, le même Livre blanc supprime un autre télégramme du 29 juillet, par lequel l'empereur Nicolas témoigne sa surprise de la contradiction existant entre les paroles de l'empereur et les actes de la diplomatie allemande et propose de recourir à l'arbitrage.

Merci pour votre télégramme conciliant et amical. Attendu que le message officiel présenté aujourd'hui par votre ambassadeur à mon ministre était conçu dans des termes très différents, je vous prie de m'expliquer cette différence, il skrait juste de soumettre le

PROBLÈME austro-serbe A LA CONFÉRENCE DE LA HAYE. J'ai

confiance en votre sagesse et en votre amitié.

Le Messager officiel du gouvernement russe, en publiant ce télégramme, le fait suivre du commentaire suivant : « Le gouvernement allemand s'est abstenu de publier, parmi les autres télégrammes, une dépêche dans laquelle l'empereur Nicolas II proposait de soumettre le conflit austro-serbe au tribunal de La Haye. Il apparaît que, par là, on voulut, en Allemagne, faire le silence sur

cette tentative que l'empereur de Russie fit, trois jours avant la guerre, pour conjurer la collision déjà imminente. » L'empereur Nicolas, initiateur de la conférence de la paix, était logique avec lui-même... et l'empereur Guillaume également.

L'empereur Guillaume maintient avec insistance le dialogue sur le fait de la mobilisation russe :

3o juillet (i h. du matin).

Mon ambassadeur a été chargé d'appeler l'attention de ton gouvernement sur les dangers et les graves conséquences d'une mobilisation; c'est ce que je t'avais dit dans mon dernier télégramme. L'Autriche-Hongrie n'a mobilisé que contre la Serbie, et seulement une partie de son armée. Si la Russie mobilise contre l'Autriche-Hongrie, la mission de médiateur que tu m'as amicalement confiée et que j'ai acceptée sur ton instante prière (sans la remplir, d'ailleurs) sera compromise, sinon rendue impossible. Tout le poids de la décision à prendre pèse sur tes épaules qui auront à supporter la responsabilité de la guerre ou de la paix.

Le système est toujours le même et la répétition presque fastidieuse. Pour entraîner l'opinion allemande, il faut lui faire croire que la Russie est agressive.

L'empereur Nicolas répond, le 31 juillet, en faisant appel de nouveau aux bons offices promis auprès de l'empereur d'Autriche et quant à la position agressive qu'on prétend lui faire assumer, il pare le coup en offrant l'engagement d'honneur de ne prendre aucune offensive :

Techniquement, il est impossible de suspendre nos préparatifs militaires qui ont été nécessités par la mobilisation de l'Autriche. Nous sommes loin de désirer la guerre; aussi longtemps que dureront les pourparlers avec l'Autriche, au sujet de la Serbie, mes troupes ne se livreront à aucun acte de provocation. Je t'en donne ma parole d'honneur. J'ai confiance absolue dans la grâce divine et souhaite la réussite de ton intervention à Vienne, pour le bien de nos pays et la paix de l'Europe.

Malgré ces assurances positives, malgré la promesse donnée par son gouvernement de ne pas mobiliser si la Russie croit devoir mobiliser contre l'Autriche, que fait le gouvernement allemand? Il proclame, le 31 juillet, « l'imminence du danger de guerre » qui est

L'EUROPE EN ALARME. LA DÉCLARATION DE GUERRE

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