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cxicrieures, et de ses propres impressions. Ce procès de rhomme, dont les élcmcnls sont disséminés partout dans les Essaisy devient un réquisitoire ardent et presque suivi dans le fameux chapitre xii du livre II, VApoluffie de Raymond de Sébondey dont Sainte-Beuve a fait, au livre II de son Port-Royal, une si pénétrante analyse. Il est vrai que ce chapitre se termine par une conclusion chrétienne, mais assez inattendue, et qu*on accusera toujours d*ôtre ou peu sincère, ou peu logique. L'impression générale que donne Montaigne h qui Ta lu et relu, c'est d'ailleurs moins celle d'un véritable sceptique, qui prend plaisir à ruiner la certitude etqui s'amuse malignement de la sottise ou de l'impuissance humaine, comme Voltaire, que celle d*un modéré très intelligent qui, à l'époque où chacun s* écrie:
u Je sais ! » et anathématise ou tue son procliain pour imposer sa vérité à lui, murmure doucement: «Quesais-je?»
Toute opinion extrême et tranchante le blesse. La plupart de ces vérités ne sont pour lui que conjectures. U nous invite surtout à suspendre notre jugement. Et la balance qu'il a fait graver au frontispice des Essais est moins encore l'emblème du doute que le symbole de l'équité.
D'autre part, Montaigne est un épicurien; il a, comme Rabelais, pris parti pour la nature contre toutes les disciplines. A côté du Que sais-je ? il aurait pu, lui aussi, écrire: Fay ce que voudras. Dans les derniers chapitres des Essais, il nous donne sur ce point des formules qui doivent contenir toute sa pensée. C'est là qu'il dit : « Le plus simplement se commettre à nature, c'est s'y commettre le plus sagement. Oh ! que c'est un doux et mol chevet et sain, que l'ignorance et rincuriosité, à reposer une tète bien faite I... Laissez faire un peu à nature ; oilo entend mieux nos alTaircs que nous » (III, 13). Et encore :