‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 110 sur 408 · LB THEATRE AU XVI* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LB THEATRE AU XVI* SIÈCLE

oa le> Gabaonitet ; -~ soa frère, Jacques de la T&Ule, qui mourut h qui ne put remplir les sérieuses esp£rancesilesesdébuts, écrit Didon (1560) (pièce perdue), et, entre 1560 et 1569, Daire{Dariai)et Alexandre.—lltaudrait

d'autres poète», auteurs de tragédies, soit antiques, soit bibliques (1). Chez tous, OD constate l'inQuence prépondérante de Sénèque, dont les tragédies philosophiques, pleines de trnitt énergiques, brillants, ' dcclamatoires, répondaient si bien aux goûts didactiques de ces poètes de collège et de Ci: s auditoires d'humoiiiites. — En même temps, l'influenceitaîisu ne développe en France le genre de lapcuJerale: VAminta du Tasse est de 1571; le Pattor Fido de Guarinî,dclSS5;ffIeolafi de Sfontrenx fut l'Introducteur du genre sur le IhéAtre français.

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96t LA LITTÉRATURE FRANÇAÎSE

Les théoriciens de là tragédie. — Avant d'arriver au plus remarquable des successeurs de Jodelle, Robert Garnicr, demandons-nous si la jeune tragédie française avait déjà sa poétique, et si les poètes que nous venons de nommer se sériaient dès cette époque guidés ou entravés par des règles. — Le premier théoricien de la tragédie française est Juies-César5calig'er. Né en Halle, la patrie de Thumanisme, amené en France par Tévêque d'Agen, dont il était le médecin, ce Scaliger est moins célèbre que son fils Joseph-Juste, philologue et grammairien aussi remarquable par la sûreté que par l'étendue de son érudition. Mais Julcs-Gésar a le mérite d'avoir le premier formulé, en i561, cent ans avant BoileaUy comme le dit très justentcnt £. Lintilhac, les règles de la tragédie classique. C'est lui, qui, à tort ou à raison, a extrait de la Poétique d'Arisfote, les trois unités, et qui a dcflni la tragédie : Vimitation par des actions (Tune fortune illustre, avec un dénouement malheureux, en un style grave'et en vers. C'est lui qui demande que l'on prenne l'action aussi près que possible de sa On, et que Ton se jette^în médias res. Enfln, de l'ensemble de ses théories se dégage ce principe général de la vraisemblance, qui établissait entre l'ancien et le nouveau théâtre une antinomie absolue. — Jean de la Taille publia, en 4.'»72, en tête de sa tragédie de Saùl, un Art de la tragédie où il développait et complétait les préceptes de Scaliger.

Pourquoi ces théories eurent-elleâ un si grand succès, sinon parce qu'elles arrivaient à leur heure ? 11 ne s'agit pas de savoir, en effet, si les trois unités étaient ou non dans Arislote ; le nom comme l'autorité d'Aristote n'y auraient rien fait, si le genre qui se préparait de si loin ne se fût organisé de lui-même par une sorte de sélection, pareil à un être qui s'adapte à son milieu. La tragédie classique nait dans une représentation de collège et dans une Poétique de pédant, comme une herbe entre deux pavés. Mais en vain les anciens genres ne voulaient pas mourir; en vain d'autres, tels que la pastorale et le drame irrégulier, à la Shakespeare, semblaient pousser de plus vigoureux jets : seule l'humble tragédie devait s*épanouir et vivre.

ROBERT OARNIER (1534-1590). — La tragédie, pour le moment, restait un genre scolaire et livresque. Et le plus grand poète tragique du seizième siècle n'obtint que des succès de lecture; mais les éditions en furent nombreuses jusque vers i6'20, et l'on peut dire que le public se prépara, en lisant Garnier, à voir représenter Mairet, puis Corneille.

Robert Garnier, né à la Ferté-Bernard, avocat au Parlement de Paris, lieutenant criminel au Mans, fut un de ces magistrats beaux-esprits, que le dix-septième et le dix-liuilième siècles devaient produire en foule. Mais, d'ordinaire, ces présidents font plutôt de l'histoire et de la critique, ou, s'ils riment, c'est pour traduire ou imiter Horace et Martial. Celui-là fut poète tragique. Comme le grand (Corneille, c'est par l'étude du droit qu'il se prépara aux délibérations de la scênd, il est, ainsi que l'auteur de Cinna, d'un pays célèbre par son humeur

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