MALHERBE. — SES DISCIPLES. — SES ADVERSAIRES
SOMMAIRE
]• Vers 1600, on est finigui; Je la poésie trop érudiie et trop fantaisi'ite des disciples de Ronsard. Le public est ;Jisposi! ù bien accueillir une poésie plus raisonnable et plus simple.
!■ MAUfERBB(i555-i<'>i8) commence par imiter Ronsard et les Italiens, puis dégage son orrginalilÉ dans ses Stances à du Pérter, ses odes k Marie de Médicis, â Henri IV et à Louis XUI. — 11 réforma la poésie, en rtiagissant contre l'imitatiOTi eiagérëe des anciens, en imposant l'usage de la pure langue frane de Paris, en rëglani la versificalion. — Son influence est due à la concorc les aspirations de ses contemporains, t les poètes de la période claBiiqne (i66o-i6â5) ; is, RACAN et MAYNARD.
., dont les plus célèbres sont : — VAUQUEUN DELA FflESMKE, auteur d'un Art poétique (i6o5).- DESPORTES, — SER- TAUT, — MATHURIN RÉGNIER {i37Î-i6i3). auteur de remarquables saiires, d'une observation pénétrante, d'un style pittoresque et vigoureux ; il attaque Malherbe dans sa neuvième satire dédiée à N. Rapin. ~ THÉOPHILE DE VIAU [i-V-'iJ^». lyrique très personnel, - SAINT-AMANT, - CYRANO DE HERGERAO.
e de son énergique talent 3' Ses vrais disciples s parmi ses disciples immêdia 4* Ma[herbe a des adversain
l.\ UTTÉftATURE FRANÇAISE
.e (laoï-ieraj.
ONSARD et la Pléiade avaient déjà réformé la poésie. Pourquoi Malhorbc dut-il la rérormer eacore, etpourquoi celte seconde réforme a-t-elle été plus durable que la première l
État d« la poésie frençaise vers 1600. ^ Nous avons vu ce qu'il y avait, dans les idées et les œuvres dit Ronsard, de rnUonnable et de conforniB au génie français, el aussi ce qu'il y avait de caduc. Une belle ordonnance, de la force et de la précision, de l'éloquence, du goût pour les idées générales retrouvées chez les anciens et pour le symbolisme mythologique, mais aussi une îmitolion trop teotatre des (Irecs ol des Littui!>, une affeclalion loul italienne, une langue Composilc souvent inintclliifîblc aut gens du monde. Au fond, emporté par son génie propre, Ronsiird avait fait violence à l'esprit et à lu langue. Ses disciples, les d'Aulii};né, les Du Hartas avaient exagéré ses défauts. Il en résultait, dans le public, une cerlaine rnllguc qui tourna vite à l'indifférence. De la, le succès de poêles de second ordre comme Desporics et Iterlaut, où l'on se plaisait à retrouver des qualités et peut-être des serviludes toutes françaises. On tendait alors, dausW idées comme dans la poliliquc, à l'unité et à la règle. Vienne un btiuinie de grand talent, capable de réaliser dans la poésie les mêmes aspirations, il était sur de plaire. Cet homme, servi pur les circonstances, et qui doit sa notoriété beaucoup moins à la valeur intrinsèque de ses œuvres qu'à leur opportunité, ce fut Malherbe.