I. Ses épigrammes sont niséeset spirituelles
n-oprè, 1
poésie romiinlique, où domi'
et la fantaisie, parfois désordoimée. Au milieu
d'un ou deux disciples, cux-mèmcs
se produit quelquefois en liltcralurc,
> quarante années environ après sa
304 LA LITTÉRATURE FRANÇAISB
Ce groupe de ronsardisants se compose essentiellement des poètes suivants : Yauquelin de la Fresnaye, Dcsporles, Bertaut, d^Aubigné (déjà étudié, mort seulement en 16.^0), MatUurin Régnier, Théophile de Viau, Saint-Amant, Cyrano de Bergerac. Il faudrait y rattacher Scarron; mais nous le retrouverons en étudiant la comédie et le roman.
VAUQUELIN DE LA FRESNAYE (1535-1607) apparaît, à la fin du seizièpie siècle, comme une première ébauche de Racan, à la fois par son caractère, sa vie campagnarde, et le sujet de ses Foresteries et de ses Idillies. Son ouvrage le plus connu est un Art poétique (IGOo) dans lequel, tout en exposant des principes inspirés de Ronsard, Vnuquclin annonce une poésie plus naturelle et plus sage.
DESPORTES (1546-1606) fut comblé de biens et d'honneurs par Henri III et par Henri IV. Très bien renié, il était fort généreux à regard des gens de lettres qu'il recevait et hébergeait dans sa maison de campagne de Vanves. Il était Toncle de Mathurin Régnier. Desportes est le vrai précurseur de Malherbe, qui pourtant ne Testimait guère. Il se distingue par une certaine netteté de pensée, de style et de versification, surtout dans ses Psaumes (1603) ; et, grand admirateur de Ronsard, il se rattacherait plutôt à ce qu'il y a de meilleur chez Marot. Sa langue est pure; et s'il imite l'esprit italien, il écrit toujours en français (1).
TA UT (1552-1611) fut premier aumônier de Marie de Médicis, et évoque de Séez. Il a composé des Cantiques^ des Élégies^ des Épîtres, Il a plus de délicatesse et de sentiment que Desportes» et quelques-unes de ses pièces ont une profondeur mélancolique assez rare à cette époque. On citera toujours de^lui quelques belles strophes (2).
MATHURIN RÉONIER (1573-1613). — Neveu de Desportes, Régnier fut dès son enfance destiné à l'Église; on espérait faire passer sur sa tête une des riches abbayes de son oncle. En 1587, il fut attaché à la personne du cardinal de Joyeuse, qu'il accompagna dans ses fréquents voyages à Rome. Mais il ne sut pas, on ignore pour quelle raison, plaire à son puissant maître, et il revint à Paris où il semble avoir mené une vie asse:; vagabonde. A la mort de son oncle, il n'hérita d'aucun de ses bénéfices; il finit seulement, grâce au marquis de Cœuvres, par obtenir une pension de deux mille livres sur l'abbaye des Vaux de Cernay, et plus tard un canonicat, à Chartres (1609). Une mort prématurée l'empêcha de jouir longtemps d*un repos pendant lequel il eût peut-être mûri jusqu'à la perfection des dons naturels pour la poqsie.
Les satires de Régnier. — Régnier a composé seize satires, dont les princî-
(') ^forreau.v choisis, 2* cycle, p. ISi. {:i) Marteaux chotais, 2* cycle, p. ÏS7.