‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 138 sur 408 · I.\ flëFOpjtfE Pff LA POÉSIfS · texte numérisé non relu

I.\ flëFOpjtfE Pff LA POÉSIfS

pales sont : — II. Ltt poiUt (très piquant tableau do la vie du poète telle qu'elle al, et telle que la voudrait Régnier. Cette satire abonde en vera pttlttreaques; elle est esseutielle pour ta connaissance du monde ItUêratre de ce lempn, et pour les théories de Régnier) ; — III. La Vie de Cour (k comparer avec le Poète eourtltaii de J.du Bellay);

— VI. L'/fonnrur (contre le point d'honneur); — VllI. L'Importan ou le Fâcheux (imitée d'Horace) ;

— IX. A Nicolne Rapin (contre Malherbe); — X, Le Souper ridieate (à comparer avec Doileau, Satire Uly, — XII. Son Apologie (théorie de la salire, à comparer avec Boileau. Satire IX); — XIU.

Maeetteou l'hypocrite;— \\. U Poète maigri ioi(llcgnier définit sa manière d'écrire, toute de verve, et son esprit incapable de déguiser la vérité. A comparer avec Boileau. Satire» VU et IX).

OrlglotUItt de Régnier. —

Les maîtres de Hégnicr saltriquc sont nombreux. Ce sontd'abord, lion pas qu'il les ait lous connus, ■nais par une sorte d'bérédîié mystérieuse, les poules go u lof* du moyen âge, depuis Jean de Mcun et les auteurs de fabliaux jusqu'à Villon; Marol, dont il a

souvent la flnesse naïve, et qui, '''•"^' '""'"'" """* «" *""' ***""' »"• dans ses eoq-à-t ane, avait donne ^^i. j, t,mble qu'an lieu d'un porlnil «IIb n'offre qo-na. quelques bona passages de vraie • uie ds cincMre ■. satire ; Du Bellay, qui a le premier composé [le Poète eourliian) une «afira dans la forme qui devait rester classique jusqu'au dix-neuvième siècle; et surtout les poètes italiens qu'il a étudiés à Itome, pendant les buil années qu'il y séjourna : à quel point il est redevable aux Italiens, nous le savons aujourd'hui par M. J. Vianey (S). Mais ces modèles

étaient à la disposition de tous. Régnier n*en profita et n'en lira ses propres satires, si originales, que grâce à des dons particuliers : une singulière faculté d'observation développée dès Tenfance, dit-il, par son père ; un sens du pittoresque et du réel qu'aucun écrivain n'avait possédé depuis Villon, si ce n'est Rabelais ; une verve drue et copieuse, qui forme contraste avec la sécheresse de Malherbe.

Il ne faut pas chercher dans les satires de Régnier une philosophief ni même une morale; tout au plus est-ce la morale d'Horace, qui condamne, au nom du ridicule, certains vices tout extérieurs, — sauf dans le portrait de Macette. — Ainsi, dans la satire III : le portrait du courtisan, dont les détails sont si piquants et semblent autant d*indications pour une estampe ou pour un rôle de théâtre; — dans la satire X (Le Souper ridicule), le portrait du pédant crasseux, un peu forcé sans doute, comme une estampe de Callot, mais si haut en relief, et inoubliable ; — dans la satire XIll, le fameux portrait de Macette, l'hypocrite: c'est le chef-d'œuvre de Régnier; ici l'analyse morale fait corps avec la description physique, et cette sœur aînée de Tartuffe est une création de génie.

Régnier critique littéraire. — Mais il y a toute une partie littéraire et critique dans Régnier, Sans parler de certains traits semés çà et là, la satire IX, à Rapin, est un procès en règle contre Malherbe et son école. Régnier représente, en effet, la libre tradition française, celle de la poésie individuelle et fantaisiste : et voilà pourquoi il est à la fois le disciple de Villon et celui de Ronsard. Les attaques de Régnier portent sur deux points essentiels : Malherbe, faible (Tinveniion, froid à Vimaginer, refuse au poète le droit de se laisser aller oùla verve V emporte ; Qiy en second lieu, Malherbe cherche de puériles chicanes de langue et de métrique à des écrivains comme Ronsard, du Bellay, Desportes, qui sont poètes au vrai sens du mot. Quant à lui, Malherbe, ce n'est qu'un grammairien, qu'un regratteur de syllabes. Si d'ailleurs Régnier reproche à Malherbe, de vouloir parler comme à Saint-Jean parlent les crocheteurSf alors que lui, Régnier, il est encore plus trivial dans son langage, cela tient à ce que, dans celte accusation, il implique évidemment celle de prosaïsme voulu plutôt que celle de vulgarité; cl c'est encore une revendication en faveur de la liberté du poète, qui doit pouvoir, à son gré et selon ses sujets, user de tous les vocabulaires et de tous les styles. On peut comparer, à la même époque, la protestation de Mlle de Gournay.

Style de Régnier. — Pour lui, Régnier, il est excellent écrivain, en ce sens que, depuis Rabelais, on n'avait pas eu d'exemple d*un vocabulaire aussi riche, aussi pittoresque, où le mot fasse à ce point image et tableau. Régnier a connu, comme Malherbe, et, en un sens, mieux que lui, la valeur du mot mis ensaplace. Il dialogue à merveille, comme un poète comique. Il compose un couplet (celui, de Macette, par exemple) comme Molière. £1, quand la verve ou la colère le

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