‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 142 sur 408 · IL — L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

IL — L'ACADÉMIE FRANÇAISE

Origines. — De tout temps, en France, il y eut des sociétés de gens de lettres et d'érudits, soumises à une sorte de règlement : les pays du moyen âge, les Jeux floraux de Toulouse, TAcadcmie lyonnaise de Fouruîèrtfs, etc. — Au seizième siècle, Charles IX protégea la réunion fondée par A. de fiaîf, au faubourg Saint- Marcel, et lui octroya le titre d'Académie de poésie et de musique (ir>70). Balf n'avait fait, d'ailleurs, qu'imiter les académies italiennes, alors noiobreuset M florissantes (i).

Dès le début du dix-septième siècle, les questions de discipline IiU6ntlie.#l grammaticale prennent une grande importance ; on les discute chei MUeidli Gournay, chez le poète GoUetet, et chez le premier des journalistes ftaaçtlli: Théophrastc Ucnaudot. C'est une réunion de ce genre qui se tenait ches Vtth lentin Conrart. n Environ vers l'an 16:29, dit Pellisson dans son Histoire de F Jtiaà^ demie française^ quelques particuliers, logés en divers endroits de Paijto^ -1^ trouvant rien de plus incommode, dans cette grande ville, que d'aller fort aôOr vent se chercher les uns les autres, résolurent de se voir un jour de lasemailM chez l'un d'eux... Ils s'assemblèrent chez M. Conrart, qui s*était trouvé Ja plai commodémonl logé pour les recevoir, et au cœur de la ville... La, ils B'eiitnl»> naient familièrement, comme ils eussent fait en une visite ordinaire» et de toutes sortes de choses, d'alTaires, de nouvelles, de belles-lettres. Que si quelqu'un de la compagnie avait fait un ouvrage, comme il arrivait souvent, il le communiquait volontiers à tous les autres, qui lui en disaient librement leur avis... Ils continuèrent ainsi trois ou quatre ans... »

A CCS premières séances chez Conrart, prenaient part : Chapelain, Godeau, Gombauld, Ilabcrt, Cérizy, xMalieville, Serizay, Faret, Desmarets, Boisrobert. C'est ce dernier qui, factotum de Richelieu, en parla au cardinal. Richelieu, naturellement porté à tout di.sciplinor, et sentant d'ailleurs, pour être fort instruit des choses de la langue et de la littérature, qu*il y aurait profit à constituer une sorte de gouvernement des lettres^ fit demander à ces nicssieurs s*ils consentiraient à former une assemblée officielle. Ce ne fut pas sans quelques difficultés. Mais enfin celle assemblée s'organisa ; les statuts en furent, dès 1634, rédigés par Conrart^ et approuvés par le cardinal ; le roi donna des lettres patentes en 1635. Mais on dut attendre plus de deux ans, que le Parlement consentit a cnn*gislrer ces lettres; l'Université avait protesté contre un corps nouveau dont elle redoutait la concurrence. Enfin, l'Académie française était fondée.

Parmi les nouveaux membres qui furent admis pour compléter le nombre de quarante t fixé par les statuts, il faut citer : Maynard, Colletet, Saint-Amant, Uacan, Balzac, Vaugelas, Voiture, Séguier.

(1) La plus célèbre des académies italiennes est celle de Florence, la CrMJca, qui publia un dictionnaire de la langue italienne (Cf. II. Hadvctte» Hiiloirm d9 la Uttérmlurë iftiênn^t Goiia lOOf).

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