LA FORMATION DE LA THACK^DIE CLASSIQUE
ne se croit aucune fonction sociale ni politique. Il n'est grand que par Vesprit a qu'il avait sublime o» dit encore La Bruyère (i).
On ne saurait trop signaler Topposition absolue qui existe entre la religion de Corneille et celle de Racine : Corneille n'a jamais cru quil y eût incompatibilité entre la dévotion chrétienne et le théâtre ; Hacine, du jour où il se convertit, renonce à composer des tragédies.
C'est à Paris que mourut Pierre Corneille, le 30 septembre 1684 ; son corps fut inhumé dans l'église Saint-Roch.
Rigtoîre de son théâtre. — Corneille débute par des comédies. Sa première pièce est Mélite (1629)» dont nous avons expliqué l'occasion. L'intrigue en est, tout au moins dans la première partie, assez ingénieuse ; elle a été souvent reprise au théûtre. — Un jeune bommOi Éraste» fiancé à Mélite, lui présente son ami Tircis; et bientôt, c'est Tircis qui est aimé de Mélite. Pour se venger, Éraste invente défausses lettres destinées à calomnier Mélite. Tircis se croit trahi, «t déclare qu'il va se tuer; Mélite, à qui l'on rapporte qu'il est mort, s'évanouit; on vient annoncer à Éraste que Mélite a succombé, et il devient fou. Enfin, tout s'arrange, et Mélite épouse Tircis. — Dans son eTamen (2), Corneille nous apprend quelle est la qualité qui frappa le plus ses contemporains : a La nouveauté de ce geiàre de comédie, dit-il, dont il n'y a point d'exemple dans aucune langue, et le style naïf qui faisait une peinture de la conversation des honnêtes yens furent sans doute la cause de ce bonheur surprenant. » A cette époque, en effet, la comédie était plutôt bouffonne et grossière; c'était toujours la /arce. Pour trouver de la dignité, il fallait monter jusqu'à la tragi-comédie et jusqu'à la pastorale. Corneille a donc la gloire incontestable d'avoir donné avec succès les premiers modèles de la comédie mondaine et honnête.
11 continue cette veine dans : la Veuve, ou le Traître puni (1()33), la Galerie du Palais ou CAniie rivale [I63'i), la Suivante (1084), la Place Royale (1034), rillusion comique (1036). Toutes ces pièces reposent sur des méprises, et se dénouent par des reconnaissances morales; on y sent l'iniluence de VAstrée^ de la pastorale italienne et de l'esprit précieux. Mais Corneille a aussi un certain goût de réalisme qui lui fait placer son action dans des décors parisiens, la Place Royale (aujourd'hui place des Vosges), alors ule centre du beau monde », et surtout la Galerie du Palais (palais de justice) avec ses boutiques de lingère, de mercier, de libraire, où les conversa lions des marchands et des acheteurs nous donnent quelques piquants détails sur les modes, les costumes, les livres à succès, etc.
Cependant, en 1631, au lendemain du succès de Mélite, Corneille avait fait jouer une tragi-comédie, genre à la mode. C'était Clitandre, dont Corneille lui-même ne peut arriver à exposer clairement l'intrigue trop compli(|uée, dans la minutieuse analyse qu'il a écrite pour expliquer sa pièce. Kn 1035, entre la Place Royale et l Illusion comique. Corneille avait donné sa première tragédie, IMédée, imitée de Sénèque. Il n'a pas réussi à exprimer, comme Euripide, la tendresse maternelle en lutte avec la vengeance; c'est la vengeance seule qu'il a personnifiée dans son héroïne. On a retenu la iièro réponse de Médée : Dans un si grand revers que vous reste-t-il ? — Moi.
1636. — A la fin de cette année le Théâtre du Marais représente le Cld, imité du romancero espagnol et surtout du drame de Guilhcm de Castro (1021). On prétend que Corneille avait été poussé à l'étude des Espagnols par M. de Chalon, ancien secrétaire des commande-
(1) Caractères, cbap. i Des ouvrages de Vesprit.
(S) Dans son édition de 1660, préparée i Rouon et publiée en 3 vol. à Pans, Corneille arcompngne ehaqoa pièce, de Mélite (1620) i Œdipe (1659), d'un examen critique. Pour les pièces poulttrivure», de te Toiëon d'air {iCeO) à Suréna (1674), il n'a point composé d examens.
LA LITTÉliATUBE FRANÇAISS
mouU do Mario de M6dlcls, rotirô h Bouon. Lo premier chcf-d'aHjvro de Corneille eit diiiic Imilô (lu UiùJltrc cxp.-it-'nul. Curndllo ailiipta ki siijot csscutici îles Eafaatet du Cid et tes principaux cnrurtirc* ; mais il liinplillo l'aitluti qui, chui l'auteur eapiigDul, emlira»sait plusieurs aiinccs, et il la rûtluit k ln^rUe piychotoyiqar. — Hodrigue, flls do Dun Dièipie, aime Cliiniùiiu, fille do Itun Clufinks; l'acconl est Ui'jù prcsi|uc fait entre les faniillos, et Rudrii^e va éiiiiuMir Cliimèuo. Mui» une querellu 6clalu entra Ici deui pùrei ; Dun Gormns souniulto lo vieux Dun Dièguc. Ci'lui-ci, quo ses turccs trjhiiwnt, remet sa vengeance à Sun fils. ItodriRUe a un moment d'hcsitalion : « Faut-ll liisier un
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puisqu'il a Taitioa devoir. Cetttxi approuva le courage de Hodrieue, et lui déclare qu'elle Tera «lie
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son supplice. Connoté pendant Dun Diè-
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0 Riidripiie les allaqucr, et la jeune homrae ■iniiNie n'en cuiiliiiuo pas muins à réclamer la ' iiiulMt sint'olier ciilre IKin Sanche, champion
vaiiii'u. Lu Tui déetarc l'Iionnour satisfait, et possibilité d'un mariage entre Cliimène et
Corncillo un poèto tragique que personne ne en giniverbe du dire : Bruu eonme U CiA. Hais :ni!use ^ui'ri'Jfi', (iii llKurcnt 1 la fuis, parmi se*
1 llii'liiiliuu (I). ^ans nous; arrêter, disons que ie frani;.iise. uliéissait moins sans doute i des i, <iu'au duAir do faire tunctionnor comme (ri-