‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 16 sur 408 · Gi^sTE DE Charlemagne · texte numérisé non relu

Gi^sTE DE Charlemagne

On peut reconstituer toute une a histoire poétique n de Charlemagne, au moyen des chansons de geste qui lui sont consacrées ; mais il faut disposer ces textes dans l'ordre biographique, sans tenir compte de la date de leur composition.

Berte aux grands pieds, poème relatif à la mère de Charlemagne (treizième siècle. La version que nous possédons a pour auteur un poète brabançon, Adenet, surnommé lo Roi dos Trouvères). — Berte est la fille du roi et do la reine de Hongrie, Floire et Blanchefleur. Venue en France pour épouser le roi Pépin, elle est trahie par son cousin Tyberl, qui lui substitue auprès de son mari une de ses servantes, et qui la fait condamner à mort. Errante dans la forêt du Mans où elle s'est réfugiée, Berte riSussit enfin h prouver son identité et son innocence ; elle est ramenée à Paris, et ses persécuteurs sont châtiés. C'est, au fond, le conte populaire de l'épouse fidèle et persécutée; comparez Geneviève de Bradant, Grisélidis, etc.. (1).

de geste et de romans d'aventures, publiées aux dix-septième et dix-huitième siècles, à Troyet, à Rouen, à Lyon, à Epinal, etc. (Cf. Nisard, Histoire des licres populaires... 1854). — On appelle improprement Bibliothèque des romansy les élégantes adaptations do ces mêmes poèmei par le comte de Trestan, parues sous ce titre : Corps d'extraits de Hotnans de Chevalerie, 4 vol., Parist

(1) Lire deux extraits de Berte aux grands pieds dans la Chrestomathie, do M. Clédat, p. 57. '*- J. BÉDUM, Lé§€nd9ê épiqu9S, t. III, 4*; IV, 374.

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Mainet est l'histoiro do Chnrlcmagne enfant. Afainet est un diminutif de Maigne ou Magne/ et signifie « le petit Magne, le petit Charlemagno (1). »

L^ reine SIbile est consacrée h la femme de Charlemagne. Dans cette chanson se trouve répisode du Chien de Montargis (2).

La Pèlerinage de Charlemagne est le récit d'un prétendu voyage de l'Empereur à Jérusalem et à Constantinoplo. C'est un de nos plus anciens textes; il offre cette partiiUllarUé d'être rédigé on.vers^do douze syllabes. — Accompagné de ses pairs, entre autres Ogicr le Danois, l'archevôquo Turpin, Roland, Olivier et Guillaume au court nez, Charlemagne arrive à Jérusalem, où il obtient du patriarche des reliques qu'il rapportera en France. Puis il se rend à Constantinople, dont le poète fait une merveilleuse description. Le roi Hugon le reçoit dans un palais enchanté, où, après le banquet, Charlemagne et ses pairs s'amusent à se vanter : ils accompliront des exploits extraordinaires et invraisemblables. C'est la scène des gabs. Hugon a tout entendu; il est scandalisé par la vantardise de ses hôtes, et leur déclare qu'il leur fora couper la iCte, s'ils n'accomplissent leurs ridicules promesses. Voilà les Français bien embarrassés. Dieu vient à leur secours et leur p* -met de réaliser leurs gabs (3).

Huon de Bordeaux. — Huon, fils du duc de Bordeaux, Seguin, ayant tué le fils de Charlemagne, Chariot, est condamné par TF^mpereur h subir certaines épreuves. Huon devra se rendre h Babylone, y couper la barbe de l'émir, lui arracher quatre grosses dents, et les rapporter à Charlemagne. H est heureusement aidé dans son entreprise par un nain, Obéron. — La première partie seule est fondée sur des événements historiques, mais dont les dates ont été changées. La deuxième ressemble à un conte merveilleux, et le charmant personnage d'Obéron a été repris par Shakespeare dans le Songe d*une nuit d'été, — Huon est de la fin du douzième siècle (4).

Telles sont les principales chansons qui se rapportent à l'histoire particulière de Charlemagne et de sa famille. — Voyons maintenant celles où il est question des conquêtes du grand Empereur, ou de ses luttes contre certains vassaux.

Saisnes (ou les Saxons), dont nous possédons un rajeunissement de la fin du douzième siècle par Jean Bodel d'Arras; — ce poème est relatif aux expéditions de Charlemagne contre les Saxons, et contient peut-être des souvenirs des guerres de Clotaire 11 et de Dagobert.

La Chanson de Roland, sur laquelle nous reviendrons plus loin (p. 46) forme avec Gui de Bourgogne et Anséis de Carthage^ un groupe sur les guerres d'Espagne.

Oger ou Ogier le Danois nous fait assister aux premières luttes de -l'Empereur contre ses grands vassaux. Cette chanson, du douzième siècle, a pour auteur un trouvère nommé Raimbert do Paris. Au treizième siècle, Adenet le Boi composa les Enfances Ogier^

(1) Chreatomathie, de M. Gl^dat, p. 4â. — J. Bédier, III, 4, 16; IV, 272.

(2) Nous possédons cette chanson sous une forme italianisée, intitulée Macaire, dont roriginal l'appelait la Reine Sibile. — J. Bédier, IV, 218, 427.

(3) Lira des extraits du Pèlerinage de Charte inagne dans la Chrestomathie ^ de G. Paris, p. 3, et dans celle de M. Clédat, p. 37. — J. Bédier, Légendes épiques, t. IV, p. i41.

{k)Chreatomathie^ de M. Clédat, p. 49. — G. Paris, Poèmes et légendes du moyen Age^ p. 24. — J. BÉDIER, m, 174; IV, 153.

destinées à servir dMntroducUon h, l'oeuvre de Raimbert. (On appelle enfances les premiers exploits d un héros) (1).

Enfili nommons le Roi Louis, fragment d'un poème du onzième siècle, où Ton raconte la victuiro do Louis III sur les Normands, en 881 ; — et le Couronnement de, Louis (Louis le Débonnaire), qui pourrait être rattaché aussi à la geste de Guillaume d'Orange (2).

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