‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 17 sur 408 · Geste de Garin de Momtglane ou db Guillaume d'Orange · texte numérisé non relu

Geste de Garin de Momtglane ou db Guillaume d'Orange

« Guillaume au court nez (ou au court nez)^ appelé aussi Guillaume d'Orange, ou Guillaume Fièrebrace (fera brachia)^ ou Guillaume de Narbonne, est un héros épique formé par la fusion de divers personnages qui n'ont pas encore été tous identifiés. Le principal, celui qui a peu à peu absorbe les autres, est Guillaume, comte de Toulouse, qui empêcha les Sàrrazins d'envahir la France en leur livrant une sanglante bataille sur les bords de l'Orbicu (affluent de TAude, rive droite), en 793; qui, plus tard, étant gouverneur de rAquitaine, dont le futur Louis le Débonnaire était roi, conquit la Catalogne; qui enfin fonda le monastère de GcUonc, aujourd'hui Saint-Guilhem-le-Désert, où il se retira en 810, pour y mourir en odeur de sainteté en 812, un an avant le couronnement de Louis le Débonnaire (3). » Les trouvères ont constitué toute une généalogie h Guillaume d'Orange. Son bisaïeul est Garin de Montglane, lequel a pour fils Girard de Vienne; celui-ci est l'oncle d'Aimeri de Narbonne, oncle lui-même de Guillaume. Guillaume à son tour, a pour neveu Vivien.

Les chansons les plus intéressantes de cette vaste geste sont les suivantes :

Girard de Vienne. — Fils do Garin, Girard a reçu pour fiof la ville de Vienne. A la suite do démêlés sanglants avec Charlomagno, il s'onferme dans Vienne, où il est assiégé-pendant sopt ans. Parmi ses barons les plus braves, il compte Olivier, son neveu, dont lalftl^ur est la belle Aude. Roland, qui combat aux. cêtés do son oncle Chëriemagne aperçoit Aude, s'en éprend, et veut l'enlever ; mais Olivier Ton empêche. Enfin, il est décidé qu'un duel entre lloland et Olivier terminera la guerre. Los doux guerriers sont transportés dans une fie du Rhône, où ils combattent seul à seul, tandis que de loin Charlomagno, Girard et Aude suivent avec angoisso leur gigantesque et interminable lutto. Un ange les sépare et leur ordonne do se réconcilier pour unir leurs forces contre les Sàrrazins. Olivier accorde à Roland la main do sa sœur Aude. Ce dernier épisode a été repris par V. Hugo, dans la Légende des siècles, sous le titre du Mariage de Roland (4).

(1) Certains eritiques placent Ogicr dans le troisiome cycle ; nous suivons Gaston Paris. — J. Bi- DIBR, II, 281.

(2) Lire dans la Chrestomathie, do Gaston Paris, p. 27, la scène où Guillaume ch&tie rinsolenee d'Améis d'Orléans, qui veut se saisir de la couronne. — J. Bédier, I, 104.

(3) G. Paris, Chrestomalhie, p. 27. — M. Joseph Bédier a consacré le premier volume de ses Légendes épiques à Guillaume; d'après lui, il n'y a qu'un seul personnage historique dans cette Geste. Guillaume Comte de Toulouse, fondateur du monastère de Gellone. « Les auteurs des chansons do geste ont appris des moines do Gellone et n'ont pu apprendre que de ces moines les quelques laits authentiques qu'ils rapportent de leur Guillaume, et qui iorment le seu^ support historique de leurs Actions innombrables (t. I*% p. 404).

(4) Lire le combat dQ Roland et d'Olivier dans la Chrestomathie. de M Clédat, p. 02. — J. BÉ- DIBR, I, 24.

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