I. — LA FABLE. DU MOYEN AOE A LA FONTAINE
ous avons vu combien la fable clait goAléc au moyen Age. Le seizième siùcle en Ht un gi'iire plul6t snvant. P'cxactcs traductions latines d'Ksopc, en particulier celle de Laureiitlus Vall.i, en Italie, et la publication du vrai texte du Phùdre par Piene l'illiou, dét^-rminérenl les humanistes à composer des fables littéraires. Parmi les fabulistes de la Renaissance française, il faut nommer: GILLES CORROZET qui donna, en 1S4â, les Fables du très ancien tUope phryijien, dédiées au Dauphin (Lo Koitlaine s'csl-il souvenu do LETTRE ORKÉB ^ç„p j^^ij^y^e, quuiid il 3 dédié U's sleunos au (Ils de
'""u«i*Ïg78)"°"'' ï^"'* MV ?) ; — GUILLAUME HAUDENT, qui
public, eu 15i7, Trois ceni soixante-six n/iologaes d'^sopr-; — GUILLAUME GUÉROULT imlcur du premier Livre des emblèmes (1550) où sont intercalées vingt-sept fables. De Haudent et de liuûroull. on a, sous des titres différents, des versions du sujet traité par La Foulaine dans (es Animaux malades de la peste ; et le génie de La Foulaine ne peut taire oublier quelques traits de ses prédécesseurs (1). — En dehors des fabulistes proprement dits, on doit citer la charmante fublc insérée par Mnrol dans son Épitre à Lyon Jamel (1526) ; quand La Fonlaine écrira le Lion el le Rat, il restera, celte fois, au-dessous de son modèle. — Enfin, en prose, Rabelais a donné, dans le prologue du Quart livre, un développement très pittoresque de la fable le Bûcheron el Mercure ; — de Bonavcnlure des Périers, on cite le Savelîer Blondeau (Je Saoelier et le Financier), et la Lnilière ; — de Philippe de Uommiues, l'Ours et les Deux Compagnons.
Au di«-sepllème siècle : — Mathurin Régnier insère, dans la satire III, le Mulet, le Loup el la Lionne (sujet traité par La FoJilaine : le Renard, le Loup el le Cheoal) (i); — on a encore les recueils de PIERRE BOISSAT (<633), et do AUDIN (IGtS) ; —et surtout la traduction latine d'Ésope par IMESLIER (16^): dans ce dernier ouvrage on trouve de jolis traits descriptifs. « Cela sonne déji, par moments, comme du La Fontaine ; les procédés sont les mêmes ; el, peutêtre, devrions-nous tenir de ces ressemblances plus de compte, l'Ésope de Meslier ayant certainement clé livre classique dans ce collège de Heims où noire grand fabuliste fit ses études (3). '■
Il faut également marquer ici rapparltton, en iGi4, du Liure dei lumières, oa la conduite des rois, composé par le sage Pilpay. C'était une traduction, plus ou
11] Sur oai labulistss, voir P. Oodifiiov, Moretaux choi*ii du Miiiiwt* tiieU ; at L. LEnuOLT,
la Fable {KeotuUon du gtnrc). Pirim Uatapliae.
5î0 LA LITTÉRATURE FRANÇAISE
moins librç, par Gaulmier, du célèbre recueil de conles orientaux, Calila rt Dimndj déjà exploité au moyen âge par les prédicateurs et par les auteurs de fabliaux.