LA TRANSITION
sujets, depuis rnslronomle jusqu'à la polillque. Le « Voiture n de cette cour fut pond nnt longtemps Malûzieu, qui avait été prëcopteurduducduMninectqui avait eiucigné ies mathématiques au duc de Bourgogno. Malézii^u était homme desclcnce el d'esprit, quelque chose comme un Fontcncllc moins réserve, cnpabic de faire une conférence d'astronomie ou de physique, de rimer une chanson, d'improviser un divertissement. Il fut de rAcadùmie des sciences et de l'Académie française. On recevait à Sceaux tous les gens de lettres : Voltaire jeune y parut; il y
D'a[ir«e
estampe da Sèbsstioa Le Clore (1037-171*)-
reparatira plus tard, avec Mme du Châtclel; Fontenelle est un des habitués; les poètes Chaulieu et La Fare, La Molle, l'abtw (Jenesl, célèbre par ses tragédies et par son nez à la Cyrano, l'abbé de Pollgnac, auteur de l^Anlt-Lucrèee, etc.. y fréquentèrent assidûment.
Un gros orage dispersa cette cour spirituelle et frivole. La conspiration de Cellamai« amena l'arreslalion de la duchesse, qui resta plus d'un an à la Bastille. Mais, h peine sorlie de pri.'ion, la duchesse reprit son train de vie, et Sceaux redevint le rendez-vous des beiiux esprits- Elle avait alors auprès d'elle, comme a femme de chambre », JUie Del»unay (à qui elle fit épouser plus tard le baron de Staal, capitaine aux gardes suisses), et qui nous n laissé des Mémoires singulièrement piquants en leur élégante siniplicilc. Mlle Delaunay, si elle avait eu le cœur moins noble, aurait p'q jouer auprès de la duchesse du Maine le rôle de Mlle do Lcspinasse auprès de Mme du DelTand, et se former un salon i c6(é; car OD venait beaucoup k Sceaux, pour elle ; et ton intelligence claire, son cceur
LA UTTÉRATVHB FRANÇAISE
droit, sa flnesae de conversation, séduisaient bien davantage que l'agitation stériie de sa maîtresse. Mais clle.se contenta de rester à son rang et d'écrire ses Mimoirei, qu'il faut avoir lus (I).