I. — BIOORAPHie
nfance, éducation (lG94-lTi3). — François-Marie Arouclcstné h Paris, )e 39 novembre 1694. Il était fils d'un notaire au Châtelct, de qui il tient son sens pratique des afraircs ; car, à travers tant de tragédies et de pamphlets, il ne perdra jamais de vue sa fortune. De sa mère, il hérita peut-être une certaine finesse élégante et séduisante. 11 eut pour parrain rabt>é de Châleauneuf, bel esprit libertin. François- Marie avait dix ans quand on le fit entrer au collège Louis-Ic-Grand, où il resta jusqu'en I7H. Ce collège, où enseignaient les Jésuilcs, était alors le plus célèbre de Paris. L'enfant, très bien doue, amusa, charina et effraya un peu ses maîtres, auxquels il doit d'avoir fuit de bonnes humai^tis, et qui développèrent son goût najssanl pour la poésie. Pendant sa vie lohgue et agitée. Voltaire n'oubliera jamais quelques-uns de ses anciens professeurs. Peut-être mit-il parfois un peu d'intérêt à cultivcrces relations avec le P. Poréc, le P. Tourneminc, le P, firumoy, le P. Thoulié (devenu l'abbé d'Olivet), le P. de la Tour; mais il leur conserva certainement quelque reconnaissance. Chez les Jésuites, il noua des relations dont il devait profiler plus tard : les d'Argenson, qui devinrent l'un, ministre des Affaires étrangères, l'autre, ministre de la Guerre ; le futur maréchal de Richelieu, & la fois grand homme de guerre et libertin achevé, ton héros; Cidevillc qui, comme conseiller au Parlement de Rouen, lui rendit de grands services; d'Argenlal, un de ses faclolami k Paris, du jour où il habile Circy, la Prusse et Ferney, etc.
Ses études achevées, le jeune Arouet a un goût décidé pour les lettres et pour la vie élégante. Il voit, dans le salon de son père, des poêles comme Chaulieu, La Fare, J.-B. Rousseau; cl des personnages comme M. de (Jaumartin, l'abbé Servien et son neveu le chevalier de Sully. Son parrain le présente et le fait valoir chci les Vendôme, auTemple. Et l'étude du droit, auquel son père voulait le contraindre, lui parait de plus en plus rébarbative.
Premiers exils et débuts littéraires (1714-1718). — U père Arouet, que In audaces de son fils inquiétaient, et qui voulait à tout prix en faire un bonune i sérieux, le donna comme page ou secrétaire au marquis de Cbâteauneuf, ambassadeur en Hollande (1713). Le jeune homme passa quelques moisi LaHaje; c'était un milieu des plus intéressants pour un esprit ouvert et hardi. Ds la Hollande, patrie intellectuelle de Bayle, partaient alors toutes ces gaiettes, XtM