‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 229 sur 408 · VO · texte numérisé non relu

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pelle un débraillé. U l'est pli)' si que me ut, inoralein-il,i['.lcllei:tucllcinent(2l.

Mhîs il ï a di'is toute son allure une franchise, une spontanéilé, et souvent une i.icoiiscicncti telles, qu'on lui Dordoime bien des foli.j. De plus, et c'est là son véritable titre à noire admîi'ation, U ne calcula jamais ce que pouvaient lui rapporter de hien-éirc ou .

de considérai ii)u mondaine ses actes et si'S écrils. Il se dévoua h l'Encyclopédie corps et Ame, et faillit mourir à la peine.

U était fils d'un coutelier de Langres, et il eut toujours pour son père un amour touchant. Destiné à

l'état ecclésiastique, puis clerc de procureur, précepteur famélique, il épousa une blanchisseuse, vécut de toutes sortes de besognes plus ou moins littéraires ou scteiitiUques, de traductions, de pamphlets, d'fiuais lur la vertu et do romans licencieux. Ami fougueux et indiscret ; passionné pour tout, sans exception, arts, lettres, poésie, archéologie, mécanique ; doué d'une prodigieuse mémoire ;

D'aprè* MU portri

(1707-iT7i),

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capable de travailler jour et nuit, sauf à jeter dans un coin et à oublier ce qu'il vient d*écrire, Diderot est un des plus singuliers tempéraments d'écrivain. Il détonne, en ce dix-huitième siècle si froid et si géométrique, si élégant et si calculateur. Seul, Rousseau pourraH lui être comparé.

En philosophie, Diderot a les opinions les plus contradictoires. Cependant, à tout prendre, il parait être plutôt matérialiste, et avoir entrevu le positivisme et le transformisme. Mais c'est un athée enthousiaste. Il écrit sur la vertu, sur le beau, sur Tamour, des pages vibrantes.

Directeur et principal rédacteur de V Encyclopédie, Diderot avait pris sa tâche tout à fait au sérieux. Il fit des articles de philosophie, d'histoire, et surtout d? sciences appliquées. Il allait dans les ateliers, chez les ouvriers; faisait fabriquer et au besoin fabriquait lui-même des modèles de machines, pour en expliquer exactement le mécanisme, et pour les reproduire sur les planches des derniers volumes. De plus il revoyait tout ; il répondait à tout et à tous ; il cherchait des collaborateurs et distribuait la besogne. Dans sa correspondance ivcc Mlle Volland et dans ses lettres au libraire Le Breton, on peut suivre les phases de cet écrasant travail (1).

II ne cessait, d'ailleurs, d'écrire sur d'autres sujets. Il faisait, pour la Correspondance que son ami Grimm envoyait de Paris à diverses cours allemandes, le compte rendu des Salons de peinture. Sa critique d'art a été très discutée. Elle est évidemment trop littéraire et pas assez technique. Mais n'oublions pas que ces descriptions de tableaux lui paraissaient nécessaires pour des lecteurs lointains, qui ne pouvaient voir les originaux, et qu'elles ont pour effet de faire désirer cette vue du tableau. Ces salons n*ont été publiés qu'après sa mort. — Ses autres ouvrages: Jacques le Fataliste^ le Neveu de Rameau (2), le Paradoxe sur le comédien (3), ne furent également imprimés qu'à la fin du dixhuitième ou au commencement du dix-neuvième siècle (4).

AUTRES COLLABORATEURS DE L'ENCYCLOPÉDIE. — Ne citons que les principaux : — Philosophie : Condiiiac(f 1780), logicien froid et souple, philosophe « scnsnaliste »; Helrétiua (f 1771), plus net lement matérialiste. — Théologie: Vahhé Morellet (f 1814), el phisieurs autres abbés plus ou moins brouillés avec la Sorbonue. — Histoire naturelle :Dauhenton(f 1800), un des collaborateurs de Buffon. — Chimie : le haron d'Holbach (t 1789), auteur du Système de la na/ure, positiviste. — Économie politique : Turgat (f 1781) et Quesnay (-{ 1774). — Grammaire : Dumaraais (f 1750), dont les ouvrages d'enseignement furent longtemps célèbres. — Littérature : Marmontel (f 1799), qui a réuni ses articles

(1)0. Lanson, Choix de lettres du dix-huitième siècle, p. 265, et Extraits deDiderot,pAr B. Fallez, Delagrave. — Cl. Morceaux choisis, 2' ojclo, p. 682.

(2) Morceaux choisis, 2* cycle p. 684.

(3) Sur Diderot, auteur dramatique, cf. p. 666.

(4) Morceaux choisitt 1" cycle, p. 311.

LES SALONS. — U ENCYCLOPÉDIE, — liUFFOS 617

de V Encyclopédie pour en faire ses Éléments de litlérature. — Vollaire donna quelques articles : ÉléffancCy Éloquence ^ Esprity Imagination. — Montesquieu, l'arlicle Goul. — Enfin, n'oublions pas le factotum de la « boutique », le chevalier de Jaucourty qui travailla à tous les sujets, suppléa tous les manquants, et consacra à VEncyclopédie sa vie et sa fortune.

Esprit et influence de l'Encyclopédie. — A lire, sans prévention, les arHcles de V Encyclopédie y on n*y remarque point cet esprit philosophique que son nom seul évoque. Pour, pénétrer dans cet esprit, il faut observer le système perpétuel de renvois, grâce auquel un article très orthodoxe est réfuté par un autre, en apparence aussi inolTensif. C'est donc rcnscmble qu'il faut considérer; et personne ne s'y trompa. — Négation de Vnnloritê^ de la tradition, de la foi; croyances positives à ce qui se voit, se touche, ou se fabrique; confiance absolue dans le progrès vers un idéal de liberté politique et inlellecluellc: tels sont les principes que VEncyclopédie a exprimés et vulgarisés. La société de la fin du siècle, jusqu'à la réaction opérée par Chateaubriand, a vécu de cet idéal. Mais il faut reconnaître que l'esprit encyclopédique a luUé certaines réformcîs sociales nécessaires, a secoué le joug de certains préjugés, et surtout a accéléré et vulgarisé chez nous le progrès des sciences appliquées. Sous ce dernier rapport, YEncy^ chpédie a répandu la curiosité et le besoin de la précision.

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