‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 234 sur 408 · BERNARDIN DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE

Vie, — Bernardin de Saint-Pierre,

U'aprèa son portriit par Lafrile. grii

Hovrc, fut successivement officier, on caprice, lui firent visiter les pays les plus divers, la Russie, l'AlIcnnagne, l'Ile de .

Malle, rtic de France ; il connut ainsi des régions très opposées, et comme il avait l'œil d'un observateur et d'un artiste, il rapporta dQ SCS voyages moins des remarques sur les moeurs, comme un Montaigne ou un Montesquieu, que des esquisses ou des croqait d'après nalure. En 4771, il se lia avec Rousseau, doiit il devint le disciple préréré.

Sous la Kévolution, il fut intendant du Jardin des Plantes et membre de l'Institut ; l'Empire le combla de faveurs et de pensions.

Celait un égoïste, et presque un «faux bonhomme»:

ses romans idylliques pourr:iiciit donner de lui une idée très incxarle. A soixante-lrois ans, il se remaria nvec une toute jeune fille, qui devint, après sa et un peu ridicule que ce cri-

mort, Mme Aimé-Martin. De là le culte attendr tique avait voué à sa i

Œuvres. — Il publia d'abord, en 1773, le Voyaife à Vite de France, sous tornie do lettres ; son talent descriptif s'y aininncc. — Puis, les Études de la nnlarr ;i78i), où il développe contre les alliées les preuves de l'existence de Dieu tirées dn monde extérieur. La llièse y est parfois très faible ; Bernardin n'est pas un philosophe ; mais la plupart des tableaux ont de la précision, de la rouleur et du relief. 11 est difUcile de rair, d'un œil plus exercé et plus sûr, les formes et les

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (1737-i8i^). 639

nuances des choses. — En i787, il donne Pcuil et Virginiey idylle dont Faction et les caractères sont aussi vrais et aussi touchants que le cadre en est magnifique et réel. Celte action se réduit, comme dans presque tous les chefs-d'œuvre, à presque rien : deux enfants, qui vivent ensemble depuis le berceau, s'aiment; après une séparation, ils vont se revoir et s'épouser, quand une catastrophe anéantit leur bonheur. Bien que de simple et de naturel dans le sentiment. Aucune fadeur, aucune déclamation. Mais la partie immortelle de ce roman, c'est plutôt la partie descriptive ; comme en un tableau de maître, rien n'y a vieilli. Le succès de Paul et Virginie fut immédiat, universel, et aucune révolution littéraire ne l'a amoindri. — Bernardin donna ensuite la Chaumière indienne (i7ÎK)), et les Harmonies de la nature (4196). — On a oublié les œuvres où il exposait au public ses utopies politiques, comme VArcadie (1781).

L'auteur dcsÉ/adesetMc Paul et Virginie est, dans la description de la nature, plus varié que Rousseau ; il ajoute, au domaine assez restreint de la Suisse et de la France, les beautés nouvelles des mers et des pays tropicaux. Mais il reste objectif. C'est en quoi, bien qu'il annonce Chateaubriand, il n'est pas, au même titre que Rousseau, un ancêtre du romantisme '^l).

BIBLIOGRAPHIE

Rousseau, Œuvres complètes, édition Musset-Pathay, Paris, 1825.

— Extraits do Brl^iei. (Hachctlc).

— Lettre sur les spectacles {éd. Rrunel, Hachctlc).

— Emile, éditions classiques.

Sai.nt-Marc GinARDiN, Jean-Jacques Rousseau et ses Œuvres^ 2 vol., 1875. K. Faguet, Dix-huitième siècle.

Texte, J.-J. Rousseau et les Origines du cosmopolitisme littéraire^ 1895, A. CiiuQUET, J.-J. Rousseau {Collection des grands écrivains français, Flachcttc), 1893. Hermardin de Saint-Pierre, Œuvres, édilion Aimé-Marti.>(, 1818.

A. IUrine, Bernardin de Saint-Pierre {Collection des grands écrivains ftyinçais, IlachcU^),

(1 ) Morceaux choisis, V cycle, p. 335 ; 2' cycle, p. 737.

E DÉCOB.ITIVI

nsMines par Marvi, gravoo

Page 1