‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 244 sur 408 · LA TRAGEDIE · texte numérisé non relu

LA TRAGEDIE

ous avons vu que la retraile de Kacine, en 1677, avait laisse le champ libre à une foule de tragiques inférieurs. On a oublié leurs œuvres, applaudies pur le public du temps. 11 faut cependant ciler les principaux succès, eiilre Racine et Crébillon : le Tiridate de Campistron (1691). la Médée de Longepierre (I694j, le Manliué de 1,8 Foase (1698), i'Amatis de Lagrauge-Chancel <1701).

CRÉBILLON (16TS-176â). ^Ce fut un original, dans sa lia l'époque de Louis XV, vie privée, que l'l'osper Jolyot de Crébillon. On le trouvait logé au grenier, au milieu d'animaux favoris, et fumant la pipe. C'est là qu'il composait, de télé, sans en écrire un vers, ses tragédies. Le cinquième acte terminé, il demandait une audition aux comédiens, leur récitait sa pièce, et, si cette pièce n'était pas reçue, se gardait bien de l'écrire. Devenu cemeur royal, et chargé d'examiner les ouvrages de ses confrères, il se montra toujours, même envers l'irascible Voltaire, d'une parfait^ équité. La cour flnil par le protéger et fil Imprimer royalement ses œuvres.

On attribue à Crébillon ce mot : « Corneille a pris la terre ; Racine, le ciel ; il me reste l'enfer- n Son but est d'exciter non plus l'admiration ou la pitié, mais la terreur. Et son tort est de chercher h y parvenir au moyen d'artifices plus romanesques et plus mélodramatiques que vraiment tragiques.

T>ani Alrée et Thyesle (1707), Crébillon reprend l'horrible sujet bien connu: Atrée se vengeant de son frère Thyesta en lui faisant manger, dans un festin.

ses propres enfants. Ici, il n'y a qu'un fils de Thyesie, Plistène, qui est un jeune homme ; et à la fin, qu'une coupe de sang. Mais le sujet garde son horreur, et se complique d'amour el de romanesque, — Élrctre {ilfSS) est la

plus simple i-t la meilleure Iragi^die de CrébilloD, qui y alieint parfois, dan. les deux derniers actes, h Inrorccde Corneille (I). — RhadamUle et ZénobieiHH) est la plus célèbre, cl quelques scènes en sont très belles. Mais quel mélodrame ! Rhadamiste, fils du roi d'Arménie Pharusniane, élait marié à Zénobie ; pourl* soustraire h la poursuite de ses ennemis, il l'a jadis poignardés et jetée dans le fleuve Araxe ; puis, désespéré, 11 est allé se mettre au service desllomain}-

(1) MerçtaiiX cA«HÙ, t" c^'de, p. 3M-

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