H. — LA POESIE LYRIQUE
JEAN-BAPTtSTE ROUSSEAU (1671-1741).-
- Il n'est guère d'existence plus malheureuse que celle de J.-B. Rousseau. Après quelques années de brillants succès, 11 se vil banni de France, en 1713, pour des couplets licencieux et diffamatoires qui lui furent attribués, et qui sont peut-Ëtre bien de lui.
Il vécut en Suisse, à Vienne, à Bruxelles , tenta vainenient d'obtenir son rappel, revint à Paris pour le solliciter, et retourna mourir à Bruxelles. II eut dés ennemis acharnés, entre autres Voltaire ; et quelques amis fidèles, ic comte du Luc, ambassadeur de France en Suisse, et Rollin.
J.-B. Itousseauf ut considéré au dix-huitième siècle, et jusqu'ciu réveil romantique, comme le plus grand des poêles lyriques. Ses paraphrases des Psaamet, SOU Ode à la Forlane, son Ode ou comte du Luc, sa cantate de Circé furent longtemps citées et apprises par cieur. On ne peut le nier ; il j a chei lui un certain sens du mouvement et de l'harmonie. Entre Malhert>e et Lamartine, il est le seul qui ait représenté le genre lyrique avec cette majesté et ce beau désordre, qui en semblaient les caractères distlnctifs. Mais ^sa langue est