L\ POÉSIE DIDACTIQUE ET LYRIQUE
abstraite, pauvre, terne, et manque essentiellement de l'éclat pittoresque et du souffle auxquels nos poètes du dix-neuvième siècle nous ont habitués. 11 excellait dans Tépigramme, et fit de cruelles blessures à ses persécuteurs. Trop prôné par le dix-huitième siècle, il est aujourd'hui trop oublié (1).
LE FRANC DE POMPIONAN (1709-1784) n'est plus guère connu que parles railleries de Voltaire, qui disait de ses Poèmes sacrés : « Sacrés ils sont, car personne n'y touche. » Cependant, il a senli, beaucoup plus profondément que Rousseau, la poésie biblique, et sa paraphrase de la Prophétie d'Ezéchiel donne tout à fait « l'impression des belles choses (2) » ; son Ode sur la mort de J.'B. Rousseau méritera toujours d'être citée (3).
PARN Y (1753-1814) doit être nommé parmi la foule des petits poètes lyriques de la fin du dix-huitième siècle, pour la mélancolie très personnelle et l'harmonie presque « lamartinienne » de ses meilleurs vers.
ÉCOUCHARD-LEBR UN (1729-1807) fui surnommé L^bru/i-Pîndare, pour ses odes, dont la plus célèbre est consacrée au vaisseau le Vengeur, Son style est dur et souvent amphigourique ; mais on ne peut lui refuser une certaine vigueur, et ses exagérations mêmes reposent des fadeurs de son temps. Il a excellé dans l'épigramme (4).