‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 27 sur 408 · JJ · texte numérisé non relu

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Su LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

CHRÉTIEN DE TROYES (f H^^)- — De tous les poètes qui cxploUèrent et adaptèrent au goût français la « matière de Bretagne », le plus célèbre est Chrétien de Troyes, On ne Sait presque rien de sa vie. Il eut pour protectrice et pour inspiratrice une autre Marie de France, femme du comte Henri P' de Champagne, fille de Louis VII et d*Aliénor de Guienne. Peut-être Marie connul-elle par sa mère, devenue reine d'Angleterre dès U54, des lais et des romans gallois ou anglo-normands qu'elle communiqua au poète français ? Nous savons que celui ci lui dut le sujet du Chevalier à la Charrette; nous savons aussi qu'il écrivit son Pcrceval d'après un original que lui fournit le comte de Flandre, Philippe d*Alsace, qui avait séjourné en Anglclerrc.

Les œuvres de Chrétien ne sont pas toutes parvenues jusqu'à nous.

Après Tristan (vers ilGO), il donna Érec^ Cligèsy Lancelot ou le Chevalier à la Charrette (vers 1170), Yvain ou le Chevalier au Liony Perceval (vers 1175). Ce dernier roman est resté inachevé, interrompu peut-être par la mort de Tautcur. Nous allons donner une rapide analyse des trois principaux poèmes.

Le Chevalier au Lion. — Voici lo vrai roman arthurien. Il y auno sorte de prologue dans lequel nous entendons plusieurs chcv.iliurs, réunis à la cour d*Arlhur, raconter leurs exploits. Sur les indications de l'un d'eux, Yvain se rend dans la foret do Brocéliandoi où il découvre un& fontaine, abritée par un pin et entourée d'un perron d'émctAkIc. Il prend do l'eau, dans une tasse d'or suspendue au pin« et la répand sur le perron (1). Aussitôt s'élève une formidable tempête. Puis un chevalier se présente et l'attaque. Yvain lui résiste vaillamment, le blesse à mort, et le poursuit jusqu'en son château, où il pénètre et se cache. Yvain assiste aux funérailles du chevalier ; il aperçoit sa veuve et s'éprend d'amour pour elle. Grùro à une conHdcnte de la cliiUelainc, véritable soubrette do comédie, il peut pénétrer jusqu'à la dame et l'épouser. Chrétien a traite avec un art rafQné, plein d'esprit et de sûreté, les entrevues d'Vva'^i et de la dame (2). -^ Bientôt le roi Arthur, suivi de ses barons, arrive à la fontaine; Yvain leur donne l'hospitalité dans son château ; puis, désireux d'accomplir de nouveaux exploits, il quitte sa dame pour un an. Quand il revient, le terme est passé ; l'entrée de sa demeure lui est refusée. Alors, il se jette, par désespoir, dans de folles équipées. C'est dans l'une d'elles, qu'il délivre un lion d'un serpent qui l'enlaçait; ce lion, reconnaissant, s'attache à lui: de là son titre de Chevalier au Lion.' Enfin, sa vaillance lui obtient son pardon.

Lanoelot ou le Chevalier à la Charrette. — Ce roman est beaucoup plus touCTu ; il n'est pas d'ailleurs tout entier de la main de Chrétien, qui le fit terminer par Godefroy de Lagni. — Le titre vient de ce que l'un des chevaliers de la cour d'Arthur» Lancelot (qui n'est nommé que fort tard dans le poème, pour piquer la curiosité des lecteurs), est parti à la recherche de la reine Genièvre, femme d'Arthur, enlevée par Méléa^ant, lils de Bademagne, « roi du pays d'où l'on ne revient pas ». En chemin, Lancelot perd son cheval, et, pour ne pas interrompre sa poursuite, il accepte de monter sur une charrelie conduite par un nain : c'était une sorte de déshonneur, auquel il se soumettait volontairement « pour le service de sa dame ». Nous avons ici un trait essentiel d'amour coariois. — Lancelot franchit lo pont périlleux, tranchant comme le fil

(1) Lire dans la Chrestomathie^ de M. Clëdat, p. 142, le passage sur la fontaine merveillê%U€,

(2) Morceaux ehoisiSf 2* cycle, p. 23 ; — ChrcatomathiCf do G. Paris, p. 95.

d'une ipée. Après plusieurs épisodes, 11 délivre li reine, pour l'tœoar de kquelle il consent encore i se IsUser humilier dans un tournoi, jusqu'il ce qu'elle l'oit autorisé i prendre sa revanche. — Lancelot est le type le plus parfait du chevalier. Non mulns célèbre fut Gauisin, nevou d'Arthur, modela de bratouTO et do fldélitâ désititcrcssée, qui joue un râle important dans lo poàme. Auprès d'eui. le sénocbal Keu, fort brave aussi, se trouve placé parfois dans des situations presque comiques. — Le Cheuolier à kl Ckarreltt fut mli en prose sous le titra do Laacelat (1220), et Jouit Jusqu'au seUtiéme siècle d'une réputaliou européenne {!).

enfant dans un chAteau perdu au milieu d'une vaste foret elle espcro que celui-ci échappera

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OUI ; et malgré les protestation* de SI mère il part 11 se rond dans le cliStcau du roi piehtar, où il aperçut lo âniiil il devait parait il, poser une question au ^ujet du vase mystérieux dont il aurait ainsi rompu l'enchantement ; mais il reste

- Là s

ormine

■g do Ch ré lion {2).

La lé^nde de Pcrceval a été complÉtée par un grand nombre de poètes. Dans ces différentes mites, le Graal devient le vase où Joseph d'Arimathie recueillit ]e sang du Christ. A la même époque, Robert de Boron compose trois poèmes qui s'enchaînent : Joseph d'Arimathie, Merlin, Perceval. Puis sous le titre de ta Quête du Saint-ûraal (attribuée à Robert de Boron, et dont le texte français est perdu) nous avons un râcit des aventures de Galaad, Qls de Lancclot, qui remplace Perceval dans sa m [ss ion (3).

vine Comédie, 4e Daittb : Bnftr, ebant V.

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