IV. — LE sy:/ibolisme
L'histoire de l'art se compose d'une suite de réactions. Après le Romantisme, le Parnasse ; après les Parnassiens, les Symbolistes, Ceux-ci accusent non seulement Th. Gautier, Leconte de Lislc, Ilérédia, d'ôlre trop matérialistes, et d'attacher à la forme un prix excessif ; mais les Sully-Prudhomme et les Goppée leur paraissent également étouffer la pensée ou le sentiment soiis la lourdeur et sous la précision du vers.
Pour PAUL VERLAINE(1844-1896), la poésie n'est plus qu'une musique, imprécise, aux rimes capricieuses, sans « composition », sans « éloquence ». Verlaine était poète de race, et sa sensibilité maladive, qui va du cynisme inconscient à la plus suave religiosité mystique, lui a inspiré quelques morceaux admirables dans ses Poèmes saturniens, ses Romances sans paroles, et surtout dans So^ess^ (3).
STÉPHANE MALLARMÉ (4842-1898), qui passe pour le chef et le théoricien du symbolisme, est plus difficile à comprendre. Poète d'un réel talent, il eut le tort de fuir la clarté et la précision ; et si ses défauts mêmes ont du charme, les exagérations de ses disciples ont jeté le ridicule sur toute l'école. Ses morceaux les plus célèbres sont : l'Après-midi d'un Faune, les Fenêtres, VAzur,
(1) Cf p. 788.
(2) Morceaux choisis, p. 1384.
(3) Morceaux choisis, 2* cycle p. 1000.
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