‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 291 sur 408 · I^ DRAME ROMANTIQUE · texte numérisé non relu

I^ DRAME ROMANTIQUE

ta heurtent, et do leur choc Jaillissent, en gorbei d'étincelle* ou d'étoiiea, les beaux vers et les sptendiUea mélaphorcs. ilnsoul de ces porsunnsgos est tragique,pticeqii'HK une volonté: c'oRt Dun Carioa, quand 11 dcvk'iit Ch.-irles-Quint. Le pardon du qualrièmo acts est beau commo celui d'Auguste. DoRa Sol, elle aussi, peut passer pour un caractère, mais par accès seulement. Quoi qu'on puisse dire des Invraisemblances d'IIernani, la ^iice restera longlompi encore aurîportolrc lolloa les débuts, rouis aussi le charroe delà Jeunesse (1|.

1832. L« Roi •*amu»a. ~- La

recevoir et jouer au Théillrefrançais cette pièce, DÛ il essaye d'appliquer dans leur inté^crjté ses furmules romantiques : mélange (ou juitapositlonj du sublime ol du grotesque, antllhèse entre la condition sociale du perso n

: les

l'animent. LeboulTuii Triboulet est père dévotiâ, âloquenl sespéré; le roi Krançols 1 un drdie. — Mais te Roi l'a fut interdit après la pren reprûscntntion. De ti, pi où Victor Hugo plaida

mèm

!. La n

prùsenliition eut lieu cinquante ans plus lard, le 22 mars 1B82 ; Victor Hugo, tgé de HO ans. y assistait. SI ce fut une rnvanclie, ce ne fut pas un triomphe. La thèse ett trop syitémalique, l'intrigue est trop mùluUnninliquc j et surtout, qucla qu'^iicnt éld les vices de Kranvoii 1-, la postérité, qui pardonne et qui slmpliQe, verra toujours en lui le vainqueur de Marignan

et le

it été abolie en 1830. Victor Huko put faire

artistes la Itcnaissanco. Le lloi l'amase n'

Do 1833 1 I83S, Victor Hu<ro écrit tru

Aagelo lyran de Paduue. Seule, la prciiiii

thèse et l'antitliùse j soient encore trop

point de chances do rester au répertoire. les en prose : Lucrice Burgia, Marie Tador, ces pièces n quelque valeur, bien que la )B(iqucs. cl bien que l'abondance do pol-

18M. RuyBI»«. ~ [l était temps que Victor Hugo revint au drame en ven; il avait voulu rivaliser avec Dumas, et il descendait Jusqu'à Pitérôcourt. Le réveil eut lieu, éclatant, avec Ruj-Blas, qui fut joué le 8 novembre 1838, par le célèbre Frederick Lemaltre, pour l'ouverture du théâtre de la nonaiisanco. Dans cette pièce, Victor Hugo a voulu

(1) Moretttwc ehoitii, \

^ 587 ; ? cjole, «WO.

772 LA LITTÉRATURE FRAr(ÇÀ!SR

continuer son système de mélange des genres et d'antithèses. Ruy-Blas, uni laquait» incarne en lui toute la vertu de l'Espagne; il' est aimé d'une reine, il est fait premier ministre, il réforme TÉtat. Don Sallusto, grand d'Espagne, a <c l'âme d'un laquais » ; il n'aspire (}u'à de basses vengeances. Don César de Bazan, grand seigneur lui aussi, est un bohème, un voleur. — L'action est d'une invraisemblance exagérée. Ruy-Blas, devenu grand d'Espagne et premier ministre, est resté le valet^ Vesclave de son maître. Celui-ci, qui a voulu se venger de la reine, lui dévoile la qualité véritable de Ruy-Blas, et veut la forcer à partir avec lui et & renoncer au trùne. Ruy-Blas se voit dans la nécessité de tuer don Sailustc et do scmpoisonner lui-mcme. — Tout cela est bien singulier et ne se passe ainsi que par la volonté de l'auteur. Mais on en prend vite son parti, car Ray-BUm abonde en scènes charmantes ou terribles, et Ruy-Blas est une merveille au point de vue du style. La vcrsifîcalion, depuis le premier vers jusqu'au dernier, est d'une aisance, d'une fantaisie, d'un éclat qui détient toute comparaison. Le jour où le public et la critique se récrièrent d'admiration devant le style de Cyrano de Bergerae» ils avaient tout oublié le premier et le quatrième acte de Ruy-Blas, C'est avec Hernani le seul des drames de Victor Hugo qui figure au répertoire : on l'applaudira toujours comme un opéra dont la musique est ravissante, et le Iwret absurde (1).

1843. L«s Bu pg raves. — Le voyage du Rhin, en 1S43, avait rempli Timagination du poète de grandioses et terribles figures ; de ses souvenirs Hugo tira le Rhin^ sa meilleure œuvre en prose, et les Burgraves. 11 faudrait une page entière pour analyser ce drame, qui, en réalité, est un mélodrame épique. Crime ancien, retour d'un empereur déguisé en moine, vieille esclave qui sait manier le poison ôt le contre-ipolson, caveau mystérieux où un (Ils va tuer son père qu'il ne connaît pas pour sauver sa fiancée déjà couchée dans le cercueil mais que le contenu d'une fiole peut ranimer, reconnaissance de deux frères, d'un père et de son fils, etc., voilà bien des choses. Il en résulte une impression de grandiose incohérence, qui en 1843, dérouta le public. Des Burgraves on méconnut les beautés épiques, pour ne sentir que les défauts. La critique fut sévère ; les parodies se multiplièrent : quant au public, il ne sifllait pas, il se contentait de no pas venir. Et, le mois suivant, il applaudissait avec enthousiasme la Lucrèce de Ponsard, dont la simplicité le reposait. — En 1900, le Théâtre-Français a donné, avec succès, une reprise des Burgraves. Nous avons été plus touchés que nos pères par la grandeur épique de ce drame» qui contient d'admirables scènes,

Après l'insuccès des Burgraves^ Victor Hugo, de plus en plus absorbé par U politique, renonce au théâtre. 11 publie seulement, en 1866, un certain nombre de petites pièces sous ce titre: Théâtre en liberté. Il y a \h des choses cliarmantes et qui complètent heureusement Victor Hugo dramaturge, des fantaisies délicates et spirituelles, comme la Grand' Mère et Mangeront-ils? àfi^ fragments shakespeariens, comme VÉpée, — U faut citer encore le drame de Torquemada, public en 1882 (2).

Jugement d'ensemble sur Victor Hugo dramaturge. — Demandons-nous quelle est, comme dramaturge, roriginalité propre de Victor Hugo. — Hugo n'est pas un créateur d'âmes ; aucun de ses personnages ne deviendra le type représentatif d*unc passion humaine ; on ne dira jamais un Hernani ou uneDoiia Sol y comme on dit un Rodrigue y une C/iimè/ie, une Hermione. Le poète semble exclusivement préoccupé d'établir entre ses acteurs des antithèses de condition, de style et de costume. Sa psychologie manque de profondeur et d*uni versai! té. De

(1) Morceaux ehoisiSt 2* cycle, p. 1087. {2) Morceaux choisis y 2* cycle, p. 1031.

te ÛBAME ROMANTIQUE

plus, ses personnages sont trop exclusivement iyriqtu»; c'est l'auteur qui déveioppe par leur entremise sa façon à lui de penser et de sentir. Parce qu'ils sont lyriqaet, ils ne p?uvent être dramatiqaei ; ce ne sont pas desvolontéa en action, mais des sensibilités devenues le jouet des événements extérieurs, SI l'on considère l'action, rii;n n'y est produit par la logique des caractères, ou par le conflit des volontés ; tout y est organisé par l'auleur, qui clierche seulement à amener des couplets, des duos, des inveclives, des récits, etc. 11 est dirticile de trouver, dans aucun théâtre, des intrigues plus artiftcielles et, il faut dire le mot, plus ridicules, que celles du fîol t'amutt, de Ruy-Blas ou des fiurgravet.

Mais ce qui sauvera toujours de l'oubli quelques drames de Victor Hugo, c'est le style. Cet homme, qui ne sait ni construire une action, ni développer un caractère, excelle à tracer un tableau, qu'il compose «vec un sens très rare de l'harmonie et de la couleur. Il y a dans ces tableaux beaucoup de convention, mais aussi du mouvement, un certain art de manier et de pincer les masses, de faire agir et parler les personnages secondaires, d'évoquer un détail amusant. D'aulre part, son héros, une fois amené à la situation favorable, Hugo sait le faire parler, ou pour mieux dire chadter avec Ame et virtuosité. Par ces qualités, qui sont insuffisantes, mais qui sont rares, Victor Hugo mérite de garder un rang él.evé dans l'histoire du théâtre au dix<neuvième siècle.

0 A.PR£a LA CHUTE

. lorgnant l«i voûtai blaos*,

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