‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 292 sur 408 · IV. — LES DRAMES D'ALEXANDRE DUMAS PÈRE · texte numérisé non relu

IV. — LES DRAMES D'ALEXANDRE DUMAS PÈRE

DumM père (1803-J8TO). — En 1834, H y avait dans les bureaux de duc d'Orléans (bientôt Louis-Philippe), un Jeune expéditionnaire qui avait Dm Oaiiraïa. — Lltt. Illutrt*.

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bien belle écriture et qui aimait le Ihcâlre.avac passion. Il avait dùjà fait deui pelils vaudevilles (ISaS-ff^e). et il étail A la recherche d'un sajet. D'importé lequel, quand il aperçut au salon de lS2Tun ba^-relief représenlanl Monaldeschi assassiné par ordre de la reine Christine de Suède : il y vil un dénouement. A I* hâte, il prend dans les dictionnaires et choi les historiens quelques détails sur ces pei^onnagcB, dont la veille encore il ignorait l'cxislcnce, cl il compose un

drame en vers, cinq actes, un prologue, et un épilogue. Il obtient une lecture du baron Taylor, commissaire rojfal auprès du Théâ- Ue-François, et par lui il fait recevoir sou drame ruede lUcl)clicu[l ).

Cependant, les répétitions traînent, et la pièce reçue ne se joue pus. Mais Dumas avait déjà compo.<iC un autre diamc, Henri III et U Cour, en prose, dont le sujel lui était fourni par l'historien Anquctil. Cette fois, on ne traîna pas ; et le succè.t de llrnri III, représente le H février 18M, fut étourdissant.

L'action de Henri III est en soi loutc passionnelle : le duc de Guise soupçonne la duchesse sa femme d'être aimée par Sainl-Mégrin, un des jeunes seigneur.'; de lo suite de Henri 111, Il oblige la duchesse à envoyer une lettre à Saint-Mégrin pour lui donner un rendeivous. Celui-ci vient, cl (luise le fait tuer par ses gens. Si superficiellement que , soient étudiés l'amour de Saint-Mégrin et la jalousie de Guise, Dumas n'en fonde pas moins son drame sur un conflit de passions ; nous avons l'impression

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que ces choses ont pu et dû se passer ainsi. Cette action, il Ta menée avec une sûreté d'autant plus méritoire quUl l'encadre dans un tableau historique, formé par la peinture plus amusante qu'exacte de la cour de Henri III, et par le conflit entre le roi et le Balafré, au moment où celui-ci organise la Ligue. Il fallait une main très experte pour môJer sans les confondre et pour conditionner Tun par Tautre ces deux cléments (i). — C'est à la suite du succjs de Henri III, que sept auteurs dramatiques, dont les noms méritent de passer à la postérité (Arnault, Lcmcrcier, Vicnnct, Jouy, Andricux, Jay, O. Leroy), adressèrent au roi Charles X une pétition contre l'invasion du Théâtre-Français par le mélodrame. On connaît la réponse du roi : u ... Je n'ai, .comme tous les Français, qu'une place au parterre. ))

Christine fut jouée à l'Odéon en 1830. Au même théâtre, Dumas fit une nouvelle tentative en vers : Charles VU chez ses grands vassaux (4831), tragédie historique qui contient une belle situation, mais dont l'exécution est faible. Puis il incline de plus en plus vers le mélodrame. Quelle que soit l'habilclé vraiment remarquable qu'il a déployée dans Richard d*Arlington (4831;, la Tour de Nesle (i83!2), Kean (1836), etc., on ne peut nier que ces ouvrages, par leur psychologie trop sommaire et leur absence de style, ne nous ramènent au mélodrame. Mais ils ont tous une qualité : le mouvement. Les personnages ne nous analysent pas leurs motifs d'action, mais ils agissent, et nous ne sentons qu'à la réflexion le peu de vraisemblance de leurs aventures.

Nous retrouverons plus loin les comédies de Dumas père (2).

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