LE MOUVEMENT REUGIEUX ET PHILOSOPHIQUE
ment fldcte, et conservait un Inaltérable stoïcisme aristocratique etcbréti lettres nous le révèlent aussi tendre et aussi enjoué que ses écrits nous imaginer autoritaire et tranchant (1).
Joseph do Maistre nous a laissé : tes Comidérationt tur la France (171 l'Esêoi lur te principe générateur de» comlitutions politlqaet (1810-1814), D (1819) (3), l'Église gallicane (1821), Ut Soiréei de Saint-Pétersboarg (1831) ces ouvrages pourraient porter le mémo sous-titre que le dernier : Entretiens tar le gouvernement temporel de Ut Providence. J. do Maistre, en elTet, cherche à démontrer que rien n'arrive dans le monde que par la volonté de Dieu ; que la Révolution française , par exemple, a un caractère falal et divin; que la France doit, au sortir de l'anarchie.
se donner un maître absolu; que le vrai chef qui lu.
convient c'est un roi chrétien. Son plaidoyer en faveur de la Providence est surtout développé avec une admirable vigueur dans les SoiriesdeSaint-Pftertboarg; c'est là que J. do Maistre, reprenant te dogme du péché originel qui pèse sur toute la descendance du premier bomme, explique par la nécessité de l'expiation
les sanglants sacriQces de la guerre et la persistance de la peine de mo les nations civilisées. La guerre, il la juge divine ; sans la volonté mysl de la Providence, est-elle possible? «... Entendez-voas la terre qui crie et mande du tang ? n Rien de plus célèbre que ces pages, d'une bom blime, sur la guerre (7* entretien) (4) et sur le t>ourreau (1" entretien) (5).
(i) Itorceavx ehoItU, !•• cjol», p. 419 ; 8" cycle, p. 1079 {t)Morctaux choiiii, S-cycLs, p. lOTg.
(3) J/creiBUX c\oUU, 1" tfel», p. 416.
(4) Itorcéaus ehaUU, >• cycle, p. 10».
|&)MorMaw« cAotel*, e-cycla, p.lOTL
D'aprti 1* portrait peint par Bouillon, lithogripbié p>
786 LA LITTÉRATURE PHA^ÇAÏSE
Parmi les paradoxes de J. de Maistre, il faut signaler encore dans VÉglise gallicaney sa diatribe contre les jansénistes et contre Bossuet ; dans ses Lettres à un gentilhomme russe, l'apologie de Tlnquisition ; et, parmi se5 plus curieuses prédictions^ celle de la Restauration, dans les Considérations (il96) {i).
Pour profondes et suggestives que soient les idées de J. de Maistre, ces idées ne s'imposeraient pas sous son nom, sans le style dont il les a marquées. Ce Savoisicn est un écrivain français de grande race, comparable dans ses meilleures pages à Pascal et à Bossuet. Comme les maîtres du dix-septième siècle, il s'attache à l'homme intérieur, aux idées générales, à la métaphysiique. 11 est préoccupé de serrer son raisonnement, de trouver l'expression juste, précise, vigoureuse. L'image, chez lui, est involontaire et souvent biblique, comme chez Bossuet, parce qu'il est comme lui « nourri de la moelle des lions ». Mais il s*occupe peu du monde extérieur ; et la description d'une nuit sur la Neva, au début des Soirées de Saint-Pétersbourg, est de son frère Xavier.
DE BONALD (1754-1840) fut, sous l'Empire, conseiller de l'Université; sous laRcsIauralion, député et pair de France. Ses principales œuvres sont : la Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile (1796) et la Législation primitive (1802). Bonald a mis en formules abslraitcs et « lapidaires » la théorie de la société divine, c'est-à-dire organisée par Dieu lui-môme -et se développant, à la manière d'un être vivant, selon des lois immuables. Le chef de l'État, père de cette grande famille, n'est que le représentant de Dieu et l'interprète de sa volonté ; ïindividu n'a aucun droit ; il doit rester à la place que le pouvoir lui assigne.
BALLANCHE (1776-1847), ami de Joubort et de Chateaubriand, fidèle habitue du salon de l'Abbaye-aux-Bois, chez Mme Récaniier, se distingue par une con ception à la fois très vague et 1res noble de la philosophie sociale. Dans sa Palingénésie (1827) il prédit la rénovation prochaine de l'humanité. 11 use souvent de grandioses symboles, et son style a de singulières qualités d*harmonie et de poésie.
L AMENNAIS (1782-1854). — Félicité-Robert de Lamennais est né à Saint-Malo, patrie de Chateaubriand. Orphelin de bonne heure, il fut élevé par un oncle au château de la Chesnaie, près de Dinan ; là, comme l'auteur de Hen^ à Conibourg, il vécut en pleine nature. Enfant, il est déjà un révolté; il a l'imagination troublée par des lectures précoces ; sa premièrefcommunion est différée. Sous l'influence de son frère aîné, avant lui cniré dans les ordres, il se fait prêtre à l'âge de trentequatre ans. — Il avait déjà publié, en 1808, des Réflexions sur Vétat de VÉglisetOà
(i) Mûnêuuw thoitiêt 8* ejrol«, p. 1078.