‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 307 sur 408 · CHAPITRE Vil LA CRITIQUE AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil LA CRITIQUE AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

SOMMAIRE

■ • LA CRITIQUB screnouvetleau dix-neuviéme siècle sous l'influence de Chtteaubriand, de Mme de Siaël, de la presse littéraire, eic.

3*VILLEMAIN, dans ses cours de la Sorbonnc (i8i6-i83o), inaugure la critique historique et comparée.

3* SAINTE-BEUVE fait • l'histoire naturelle » des esprits. Dcns Im tandis. Port Roj'al, les Portraits littéraires, il excelle i définir et i analyser les écrivains replacés à leur date.

4- SAINT-MARC OIRARDIN fait plutAt de la critique moral*;— N/S4R0 donne une prérérence exclusive au dix-septième siècle, comme ayant seul exprimé > des idées générales dans un lan^tige parlait >; — 74 /W£ exagère la méthode de Sainte-Beuve jusqu'au système; il considère les Œuvres comme la maniTestation d'une race, >. un certain moment, dans un certain miliau; — c>i critique dramatique, F. SARCEY se distingue par l'examen des pièces au poinL de vue exclusif de l'art ih.;âtra1 ; — F, BflUNETIÈRE essaye d'appliquer la science à U critique, et invente la théorie de révolution dea georas : il est orateur.

5- PARMI LES CONTEMPORAINS : M. J. LEMÂITRE donne des imprvsaiaiu toujours fines el appuyée^ sirr des principes i la fois esthétiques et moraux; — M. £. FAGUET excelle ï reconatitaer les écrivains et lespenseurs par l'analyse et par la synthèse.

6* ÉCRIVAINS Saern-IFIQUES : OUVIER. AMPÈRE. ARAGO. CLAUDE BER- N4ftO. PilSTEUft sont tous remarquables parleur sincérité et parle naturd avec lequel ils ont exprimé leurs idées ou leurs sentiments.

LA CRITIQUE AU DIX-NEUVIÈME hlÈCLE

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— Sous des influences que noua avons déterminées plus haut, soit en dénnissant le romantisme, soit à propos de Chateaubriand et de Mme de Slaël, la critique sous la Bestauration se renouvelle en même temps que la société. Aucun autre genre ne représente plus complètement, par définition même, les tendances multiple» et diverses d'une époque. Quand on a lu les œuvres, il faut, pour en saisir la signiflcation relative, lire les critiques. Ces critiques, nous avons la déplorable habitude de les consulter pour savoir u ce que nous devons penser ii de Chateaubriand ou de Victor Hugo, de Mussel ou de George Sand ; nous y cherchons « des jugements tout faits ». Ce qu'il faut leur s apprendre comment la société où ils vivaient et pour laquelle ils écrivaient, a compris, admiré, méconnu tel de ces grands esprits, dont l'œuvre nous sollicite aujourd'hui par des qualités alors inaperçues, ou nous choque par des défauts qui passaient alors pour des qualités. Bref, il faut, étudier les critiques à leur date et dans leur milieu, moins encore pour nous u former le goût » que pour nous exercer le jugement.

C'est d'at>ord dans la presse littéraire de la licstauration que la crllique natt et se développe, en particulier au journal le Globe, fondé en 1824 par P. Duhois; là se distinguent par des articles fermes et clairvoyants quelques esprits solides, un peu froids, que d'autres Ir.-ivaux ou que la politique absorbèrent bientôt (1). Parmi les rédacteurs du Gfobe, seul le jeune Sainte-Beuve devait arriver à une place éminenle dans la critique. — Autour du Globe et après lui, signalojis une fouie de petits jourjiaux lilléraires (la Minerve, le Lycée français, etc.), le feaitleton des grands ioarnaitx {les Débats, le ConsUla- Uonnel, ta Quotidienne, etc.), et les grandes revues (/levue /rançaise fondée en 1828,fl.;uue des DeiLc-Mondes fondée en 18-29, Reuae de Paris fondée en 1829), etc. Cependant, l'enseignement universitaire, démentant les reproches et les plaisanteries dont l'école romantique l'accablait étourdiment, prenait la direction de ce renouvellement de It^ critique, et, par la voix éloquente de Villemaint entraînait le grand public.

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