IV. — DE BARANTE
De tous ceux qui pratiquèrent, en même temps que Thierry, Vhistoire narratrice^ De Barante est le plus illustre. 11 publia, de 18i4 à 1826, son Histoire des ducs de Bourgogne. Dans sa préface, il explique qu'il a voulu au moyen de chroniques naïves, de documents originaux, « composer une narration suivie, complète, exacte, qui leur empruntât Tintérèt dont ils sont animés, et suppléât à ce qui leur manque ». Il ajoute : (( Je n'ai donc mêlé d'aucune réflexion, d'aucun jugement les événements que je raconte. » 11 prend d'ailleurs pour épigraphe cette définition de l'histoire par Quintllien ; Scribitur ad narrandum, non ad probandam. Ainsi, tandis que l'histoire de Thierry, quoique narrative, contient un système. De Barante ne fait qu'un récit, qu'une chronique, où l'auteur s'efface absolument. On peut le louer d'avoir su choisir les meilleurs documents : Froissart, les religieux de Saint-Denis, les chroniqueurs de la maison de Bourgogne, et d'en avoir tiré une nouvelle « chronique » très intéressante & lire. Mais cette façon d'écrire l'histoire est décidément trop neutre ; ni philosophe, ni politique, ni moraliste, ni savant, De barante abdique tous les droits du véritable historien.