‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 321 sur 408 · V. — QUIZOT · texte numérisé non relu

V. — QUIZOT

Vie. — Né à Ntmes, d'une famille protestante, François Guizot fit ses études à Genève et vint à Paris faire son droit, en 1805. 11 cominença par donner des

(1) Cf. C. JuLUAii, Introduction^ p. lti-ltii.

(ii Morceaux choitis^ V cycle, p. 468; 2* cycle, p^. 1189.

U LITTStlATORE MtAUÇAISB

articles moitié littéraires moitié philosophiques on hislorîques m di«en joornnui, enire aulres au PablUûle, dirigé par Suard. C'est alors qu'il cmui(iI Mlle de Mculaii, qu'il épousa en 1813. Cette méine année, il Tut doduik suppli-ant de Lacretclle & la Sorbonne. En 1814, il devint secrétaire gcnéral du ministre de l'inlérieur, puis conseiller d'État. Après la chute de Decaxcs (I8W1, il remonte dans sa chaire de Sorbonne et U 7 étudia Icsinslitiilionsde laFraocr; ce COUTS Tut fermé ea Iftîi, et repris seuicmi-nt en ISjfl, sous le rainislirrc Msrtiguac. La RcTolulion de 1S30 l'ialerrompit de nouveau, et fil de GuUol un politique. Koiu parlons ailleurs (1) de mq râle comme oratcurct conune roïDijtre. Sos principaux ouvrages, en grande partie tirc!

de ses cours de la Sorbonnesont: Hitloire du goavernement reprètenlalif (tSjj).

Ëuaii tar ChUtoire de France (18^j, Huloire de la lUvalalion d'Angleterre) (parue en trois fois, de 18i6 k 1856), Hitloire de la eiDitisatton en Europe et en France, depaUla chute de l'Empire romain (1838-1830), Washington (1641), Mémoires pour servir à Vhitloirede mon l«nip«(l858- 1868).

D-.pr*i

it Uugiei

le (I70T-18H),

Sa mtUiode. — Guiiot.en disciple de Uontesquieu, et en libéral de l'école doctric par étudier les institutions parlementaires, et en particulier colles de l'Angleterre. Puis il s'applique A chercher les lois générales el les priucipt'S directeurs de la civilisation, afin de suivre le développement des droitsdu citoyen dans la sociélé. 11 découvre trois éléments de la civilisation en France : l'élément romnin, qui explique le principe d'autorité et d'organisation administrative jl'ffe'nienJijermain, qui est celui de l'individualisme cl de rindépendi-nce;r^lé-

n) Cf. p. B

ment chrétien^ qui est ftynonyme d'égalité et d'association. De la lutte, de la combinaison, de la fusion de ces trois éléments, se forme la civilisation moderne. Guizot est donc un philosophe de lliistoire, un homme qui cherche Vesprit des institutions, et qui d'ailleurs se base sur une étude exacte et savante des documents ; chez lui, comme chcs^ Montesquieu, Vanalyse a précédé la synthèse. Personne ne fut moins utopique que ce théoricien do la civilisation.

Son style. — Il néglige, peut-être trop, la peinture pittoresque et vivante des hommes et des faits; il écrit volontiers d'une manière sentencieuse; il dédaigne de plaire. Cependant, sa Révolution d'Angleterre abonde en scènes et en portraits {Procès de Slrajford^ Cromwell et le Parlementy Mort de Cromwell)^ et Guizot fait parfois des parallèles oratoires : Charlcmagne - et Napoléon {Histoire de la civilisation f t. II, 20* leçon), Cromwell, Guillaume III, Washington (Conclusion du discours sur Vhistoire de la Révolution d* Angleterre). — Ce qui le sauve de la froideur, c'est la conviction de sa double foi religieuse et libérale, et l'ardeur mesurée mais profonde avec laquelle il plaide pour ses Idées (1).

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