III. — FRANÇOIS VILUm (M
Blog^rapble. — François des Loges, ou de Montcorbier, né d*un père boui> bonnais et d*une mère angevine, en 4434, à Paris, fut adopté par Guillaume de Villon, chapelain de Saint-Benoist. L'enfant prit le nom de son « plus que père », et fit de bonnes études, quoi qu'il en dise {Hélas î iif eusse étudié. Au temps de ma jeunesse folle I .. .) 11 suivit les cours de la Faculté des arts (4), pour devenir clerc; et il était maître ùs arts en 4452, à vingt et un ans. Gaston Paris pense avec raison que ses remords doivent s'appliquer à la période qui suivit sa réception comme maître. Alors il se lit inscrire soit à la Faculté de théolc gie, soit à la Faculté de décret (de droit canon).
A cette époque, les étudiants de TUnivcrsité étaient en perpétuels conflits avec la justice royale. Villon dut prendre part à plusieurs émeutes entre 4451 et 4454. Il nous dit, dans son Grand Testament (strophe 78), qu'il avait écrit un Roman du Pet-au-Diable^ récit d'une équipée burlesque (2); il aida ses camarades à décrocher des enseignes, à voler des marchandises aux étalages. Bref, il devint un de ces étudiants facétieux et fripons, un spirituel et dangereux vagabond, plus connu dans les tavernes qu'à l'Université. On publie d'ordinaire à la suite dos œii\Tes de Villon, un petit poème intitulé : les Repues franches de François Villon et de ses compagnons (3); une repue /ra^ic/i€, c'est un repas qui ne coûte rien; on prtMid tripes chez la tripière, pain chez le boulanger, rôt chcï le rôtisseur. Pour que Villon soit devenu le héros de ce code burlesque du vol, il faut sans doute qu'il ait laissé une triste réputation.
En 4455, le 5 juin, Villon se prend de querelle avec un prêtre, Philippe Sermoisc, et le tue. Il s'enfuit, puis sollicite sa grâce, et l'obtient : des lettres de rémission lui sont accordées en juin 4456. On ne sait où il avait vécu pendant cet exil volontaire. — Rentré à Paris, il se remet sans doute à fréquenter une société équivoque ; et il descend d'un degré, il se fait complice do voleurs de profession ; il prend part à un vol par effraction au collège de Navarre, avec deux bandits,- Colin de Gayeux et Gui Tabaric. C'est alors, dit-on, qu'il aurait composé son Petit Testament, au début duquel il annonce son départ pour Angers où il veut aller voir son oncle. 11 part. Le vol est découvert (4457) ; Tabarie le dénonce comme un de ses complices. On ne sait guère ce que devient Villon pendant les années 4457-1464 : il aurait été reçu par Charles d'Orléans au château de Blois, et on le signale en Bourbonnais. Puis il semble s'être affilié à une bande de brigands, les CoquillardSj dans le jargon desquels il a écrit plusieurs pièces d'une interprclalion douteuse. Un beau jour, il se fait prendre :
(1) La Faculté des arts correspondait à peu près à nolru Faculté des lettres ; maitro on arts était réquivalent de licencié es lettres.
['^) G. Pahis, François VilloUy p. 26.
(3 Edit. P. Jan.net. p 178