‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 59 sur 408 · II. — LE QUINZIÈME SIECLE : LES SOCIÉTÉS JOYEUSES · texte numérisé non relu

II. — LE QUINZIÈME SIECLE : LES SOCIÉTÉS JOYEUSES

Pas plus que les miracles et les mystères^ les comédies du moyen âge n'ont été louées par des artistes professionnels. Les plus célèbres confréries joyeuses à Paris furent celles des Clercs de la Basoche et des Enfants-sans-Souci,

Les Clercs de la Basoche. — Basoche, du latin basilicay désignait le Palais de Justice. Lu Basoche du Parlement était composé de clercs de procureurs, de clercs d'avocats, de clercs de greffiers et de clercs de conseillers au Parlement. La Basoche du Châtelet comprenait les clercs de notaires et les clercs des procureurs et des greffiers du Châtelet. La Grande Basoche (celle du Parlement). semble avoir existé depuis les premières années du quatorzième siècle ; et elle a duré jusqu'à la. fin du seizième. Elle jouissait de prérogatives: élection d'un roC, droit de battre monnaie, permission de jouer sur la table de marbre du Palais, etc. Des fêtes de la Basoche avaient lieu, chaque année, au printemps, pour la plantation du mai, et en juillet. On croit que les clercs jouaient plus spécialement des farces et des pantomimes.

Les EnfàBts-sans-Souci ou les sots sont, d'après Petit de Jullevilie, « les anciens célébrants de la Fête des Fous, jetés hors de l'Église par les Conciles Indignés, et rassemblés sur la place publique, ou dans le prochain carrefour, pour y continuer la fête ». lis sont habillés, comme les fous de cour, mi-partie en jaune, mi-partie en vert ; ils ont sur la tète un chapeau garni de grelots et surmonté d'oreilles d'âne ; à la main, ils tiennent une marotte. Les sots étaient probablement des étudiants pauvres, des bohèmes joyeux ; mais il» paraissent, à de certaines dates s'être presque confondus avec les B<uoehiens, A la tète de celte société, était le Prince des sots ; la seconde dignité était celle de Mère-Sotte, titre que porta le poète Gringoire. Les Enfantê-sanS'^ouci jouèrent des soties et aussi des farces et des moralités, jusqu'à la fin du seizième siècle.

Autres sociétto. — On pourrait citer encore de très nombreuses sociétésj • joyeuses, tant à Paris qu'en province : à Paris, V Empire dé Galilée; à Dijon, U^^}

Mère folle ; h Lyon, les Suppôts du Seigneur de la Coquilky société composée d'ouvriers typographes ; à Rouen, les Connards^ etc. Dans toute ville de quelque importance, les clercs, les artisans, les écoliers, formaient des associations pour représenter, à de certaines fêtes, des pièces amusantes et satiriques (1).

Page 1