‹ Histoire illustrée de la littérature françaiseChapitre 82 sur 408 · CIIAPITUE II CLÉMENT MAROT · texte numérisé non relu

CIIAPITUE II CLÉMENT MAROT

LA POÉSIE DE l5oO A I 549.

1 SOMiMAlRE

I* LES QRANDS RHËTORIQUEURS. On désigne sous ce nom des poiles de li cour de Bourgogne et de la cour de Malines en Flandre, quj Iraiicnt de petits genres à forme fiie el compliquée. Les principaux sont : CHASTELAIN, MOUNET, CRÉTIS, et surwLit JEAN LE UAIK ÙE BELGES (i473-i5a5).

3- CLÉMENT MAROT (1497-1544). attaché d'abord à Marguerite d'Alen^on, puis i François [■', est plusieurs fois eiilé. ei meuri i Turin. — PoÈte de cour, il n'eût composé que de pentes pièces él^ganies, si ses malheurs ne l'avaient obligé k parler spirituellement de lui-même : là est son originalité. Sa langue est claire et fine: le dix-septième siècle l'a préféré A Ronsard.

3- PARMI SES CONTEMPORAINS : MARGUERITE D'ALENCON, qui devint reine de Navarre, a composé des poésies religieuses; MELUN DE SAINT- GELAIS esc le type du poète de cour.

4* L'ÉCOLE LYONNAISE ramène la poésie i de plus nobles sujets, et écrit en un style presque ■jmboUqae. — Les principaux poètes de cette école sont : HEROET, MAURICE SCÈVE et LOUISE LABBÉ

LA UTTÉRATVBE FRANÇAISE

[. — LES GRANDS RHÉTORIQUEURS.

■c Polyplù

: Villon (dont le Grand Teilamenl est de Itëi) el le manif{'sle de la Pléiade (1549) s'écoule, pour la poi-sie rraïkçnisc, une période de Iransition. Le seul iinin resié illustre entre ces deux dales est celui de Clûmciil Marot. Mais les poètes ont été nombreux; nous dévoua, avant d'arriver h Marot, en nommer quclquGvuiifl, et cherthcr si Varl dn vers, sinon la poésie, ne li'ur doit pas certains progrès.

On pourrait dire que le premier en dote des rhiloriqueurs Tut Alain Cliartier, a père de l'éloquence frauçaisc ». La rhétorique est l'art de bien dire; et, au quinzième siècle, on attache une importance de plus en iilus grande à la Tornie. F.n elTel, le grave défaut des imitateurs de G. de Lorris et de Jean de Meuu avait élé une « abondance stérile ii. Il semblait qu'un poète digne de ce nom diU aligner de i.OCO à 20.CO0 vers. Ce fut encore jusqu'au milieu du seizième siècle la grande u qualité » des auteurs des Myiières. Une réaclinn se produisit; clic fut exagérée, mais nécessaire; on ne voulut plus faire que de courts poènies, et surtout dans des genres k forme fixe.

Les rhétoriqueurs furent parlicuiièremeiit les poètes de In cour de Bourgogne, ceux de la cour de Malines, en Flandre, groupés autour de Marguerite d'Autrictie, enfin ceux de la cour do France, protèges par Anne de Bretagne. 11 faut noter que quelques-uns de ces poètes furent en mente temps des chroniqueurs, des historiographes, des savants, et peut-étra des liommcs d'esprit.

Les règles de leur poésie sont au fond les mêmes que celles des douzième, treizième et quatorzième siècles. Mais les genres, lai, virelai, rondeau, ballade, serventoit, chant royal, se sont compliques; on en a multiplié les difficultés techniques. Moliuel publia, en 1493, l'Art el Science de rhétorique OÙ l'on trouve les préceptes de ces genres ; mais, pour les connaître mieux, il faut a'adrcsser au Grand el vray aride pleine rhétorique, de l'ieiie Kabrï (1521); c'est là véritablement l'art poétique des prédécesseurs de Marot. Les règles fixes du genre se compliquaient de tours de force sur lof rime ; celle-ci est dite «iquivoguée, quand ccouple rimiiilteurs et rime aillean; Crétin. irait avec souffrirait, etc.) ; la rime en écho son fi[ial, on le mot entier (Crétin écrira : , et ; Qui pour chanter à sa corde s'acen^fle, orletlej ; dans la rime annexée elfralrisée, I vers tout ou partie du mot formant U

elle forme cuiembour (ainsi Murot a< louange avec loup ange, au soufre répète deux foi.s, on trois fois, lu Par ces vins vers, Alrupos n trop os... Mai prend son chnnl : amour telle est n on reprend au connnenccnient d'un

rimo précédente ; dans la rime balelée on rcpcto la rimo k la céBure du vers

Page 1