L.\ PLÉnhE
rrBnrii<<. fli* d'Ilitrlor, vknt avec une coloni ïniKe|l|. An cliaiil 1", Ici dieu t Jûridctit que pnr Kl miTc Aiiilri>niw|uo et son oiirlo Ilûlùi prévenir lU'tk^aus; on prépani uno dullo; — ai tu no et Junun l'ciilundant ptiiir la dûtniire;
I do Traypnii fonder In monarchie franlo fllii d'ilortor, ii\e\& ioeoijnilii en Épire, lis. partira puiir lu <i.iiil<'. Mi-nnire vient . chant 11', U IliiUo »»|(uo lurl.i mer. \iipipiîto: i>i\ viilsuGaui Runli'meiil ahordcii
Dicé
rnruntro les iiaiifraitin, cl leur oITro l'Ii I, ({iii. tuutes deuK, sVprcnncnt do t'rancua. Celullii do Dlriio ; il io tua, et délivra lo juuno Orée; —
l'nîmcr, nt lui envoie uno Ictln) pour lui iliirl.nrcr m paisl'in; Fruncus In sa iirûripilo dnn> l.i mer; — cliniil IV* : Il viintt:, qui a In cunuaisuiiri! du 1' h FrnuiimU suila da ti-s desliiiéus. cl lui Tn»i>tro)ir!i r<>i4rruni'^i|iil d<iitrii le iMwniB s'arrélo k Charlm >Iart«l. — HniiHiiril emploie dant la Fmii l'ali-tandrio, qu'il inanlu ut lartrciiieiit daii:t it» Diwiiiir*, nuis lu dûra>vlliil Knllii. U faut dater de I3TI (bien ([iio <]uel(|uos rnurrcaux cii niniit par Snnnel'puiir Uflfae. qui forinenl, dniM In ilemii-re éilillr.n do Itoni^anl. le des Xmours.Cea sonnets son l adressés à ll^lùue de Surgi'rusjllte d'honneur i
,1) Cf p as.
20; /-A LïTTFMATVUE FRANÇAISE
Médicis : l'un d'eux fîprtirc dans toutes les Anthologrics : Quand vous serez bien vieille ^1)... Pendant les dix dernières années de sa vie, Ronsard 6cri\it encore quelques vers; mais il s'occupa surtout de relire et de retoucher sins cesse ^es œuvres précédentes, dont il donna en 1584 une édition in-folio. Un an aprôs la mort du poète, en 158ti, paraissait une édition postliume. assez différente elle-même de la précédente. Et, en 16(.)9, on faisait rentrer dans le texte de Ronsard un certain nombre de pièces supprimées par lui en l.'>84. — Les rhan^çemonts et retranchements de Ronsard sont parfois malheureux; il n {i^fité ou aiTaibli do beaux vers; la tûche de ses éditeurs est diflicile, car ils no peuvent s'en rapporter d'une façon constante au dernier texte établi par Ronsard {2}.
L'évolution de Ronsard. — Ce tableau d'ensemble de ses œuvres nous montre en Ronsard une évolution facile à suivre. De 4550 à 1553, Ronsard, au sortir de ses études intensives, est un disciple trop fidèle de Pindare et do Pétrarque. Ses odes « pindariques », qui le compromettent encore devant la postérité, et qui expliquent et justiOent le verdict impitoyable de Boilcau, .sont, à les bien considérer, des péchés de jeunesse. Ainsi, plus tard, Corneille écrira Clitandre, et Musset ses Contes d'Espagne et d* Italie. — De d553 à 1560, Ronsard n'imite plus Pindare. Inconsciemment peut-être, il sent que ce grand lyrisme est une sorte de contre-sens, en un temps où Tinfluenco italienne, jointe au bon sens français, ramène tout à Télégance et à la mesure. Aussi se lourne-t-il vers Anacréon, dont Henri Estienne publie en 1554 la première édition (i). Il s'inspire également d'Horace, de Catulle, de .Ican Second, auteur des Baisers (en latin). H conserve son culte pour Pétrarque et en général pour les Italiens. — De loGO à 1574, l'œuvre de Ronsard est confuse et contradictoire. D'une part, il rime pour la cour (c'est l'époque de sa grande faveur) des pièces souvent mesquines, où il apparaît comme un successeur de Marot. et de Mellin de Saint-(relais ; d'autre part, il écrit ses admirables Discoiws qui sont ses Châtiments h lui. ËnRn, s'il ne pindarisc pas, il homérise : il entreprend la Franciade. — De 1574 à sa mort (1585), Ronsard redevient un clégiaque, un lyrique plus personnel et plus moderne {Sonnets pour Hélène).
Les défauts de Ronsard. — Quand nous lisons Ronsard, nous devons, une fois pour toutes, prendre notre parti de certains défauts, et ne point passer notre temps, à moins que ce ne soit notre métier, à w chercher des raisons pour nous empêcher d'avoir du plaisir w. Ainsi, Ronsard est pédant^ en ce sens qu'il étale à tout propos, et de la façon la plus imprévue, et la plus fâcheuse, une implacable érudition. Sans parler de ses odes pindariques ni de la Franciade, les sonnets et les élégies les plus célèbres, les plus populaires, sont gâtés par certains détails mythologiques. Lisez le sonnet à Hélène : Quand vous serez bien
(\) Morceaux choisi.s, t* cycle, p 138.
ri Voir sur cette question VjJistoiiv de la littcratitre classiquCy de 17. DnUNBTiÈRE, Pari» (190&)t p. 3*i7.
{'A) Sous le nom d'.A»a^rco>i, Henri Estionno publia cinquante-cinq odes anacrôontiqaes (l#s plos célèbres sont : la Colombe, l Amour mouillé^ l'Amour piqué par une abeille, etc.) qui no sont pas i'ueuTro du véritable Anucroon. dont nous avons seulement quelques Ira/^montt d'ufi tour plus pas-
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vieille,., et vous y trouvez des ombres myrleux qui no iMîuvcnt se passer de comuicnluire ; dans Télégic Contre les bûcherons de la forest de Gasiine^ au niiticu de vers descriptifs admirables par leur simplicité, apparaissent les Nymphes^ les Satyres, Écho... ; dans Tode sur VÉleetion de son sépulchre, je vois que les pastoureaux parlent des Sœurs compagnes (les Muses) et do Pan, et Ronsard y ajoute Alcée, Sappho... Ronsard écrivait pour une élite dUiumanistes; il était lui-même sature d'antiquité et de mytholof^ic ; préparons-nous toujours, en le lisant, à ses accès do pédantisme.
A celle première cause d'obscurité (qui sera de plus en plus grave, à mesure que Ton deviendra moins humaniste) s'en ajoute une autre. Ronsard n'est pas seulement un érudit ; il est un italianisant. La plupart des sonnets où il analyse les nuances de son amour sont pleins de réminiscences de Pétrnn{uo. La manière dont il associe la nature à ses sentiments est subtile, souvent allégorique ou symbolique. Pour une société civilisée à 1 ilalicrnie, c'était moins un défaut qu'un mérite ; pour nous, après trois siècles de logique et de clarté françaises, c'est une cause d'agacement et de fatigue.
A ces défauts de fond, convient-il d'ajouter certaines exagérations de forme? En vérité, on s'accoutume très vite, en lisant Ronsard, à quelques surprises de vocabulaire ou de syntaxe. Mots composés, diminutifs, infinitifs substanlivés, néologismes devenus trop tôt archaïsmes, inversions foicées, c'est peu de chose (1). On se trompe quand on ailribne à la langue ou à la grammaire de Ronsard la longue défaveur dont il a été victime. Pour le dix-septième et le dix-liuitième siècle, Villon devait être plus difficile à lire ; cl on n'a cessé de lire Villon. Mais de Villon la pensée était claire, et les sentiments étaient simples; tout y parlait directement à l'esprit ou au cœur. Chez Ronsard, il faut sans cesse transposer ; il faut deviner l'allusion ou traduire le symbole, exercice bien pénible pour les contemporains de Malherbe, de Roileau ou de Voltaire.
En quoi Ronsard est « classique ». — Ronsard, dédaigné jiar Malherbe et par Boileau, est cependant, sous certains rapports, le premier en date de nos classiques :
a) Par son culte et par son imitation des anciens : c'est à dater de Ronsard, et jusqu'à Chateaubriand, que la poésie cherche des sujets, un merveilleux, des images, diez les Latins et chez les Grecs;
f>) Par Vimpersonnalité ou la personnalité très indirecte de la plupart de ses pièces où nous ne trouvons pas, en général, la façon de sentir particulière à un individu, mais une analyse de l'amour tel que tous ses contemporains, et les Italiens, ses modèles, le concevaient;
sionnô et d'un tlyle moins fade. (Cf. SainT£-Beuve, article sur Anacréon au seizième âièvic, à la tiuite du Tableau...)
(1) Dans le vocabolaire de la Pléiade, il n'y a guère plus do deux cents mots nouveaui. Cl. I^exiquê de la lânguM dû Ronaard, par Melucmo {liibL cUévirienne), avec protace de Petit do JuUev jl».
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C) Par sa lliéoric dos genres, genres distincts et lixes, ayant leurs lois et leurs conventions ;
d) Par l'allure ordinaire de son style, qui est oratoire, didactique, et qui suit Tordre de la raison plutôt que Tordre du cœur ;
e) Par sa conception élevée de la vie du poète, théorie qu'il a démentie quelque peu, mais qui subsiste en soi, et qui est développée au dix-septième siècle par Boileau, au premier et au quatrième chant de son Art poétique (1).
En quoi Ronsard est « romantique ». — Cepend^ant les romantiques de 1827 nVurent pas tout à fait tort de se réclamer de Ronsard, qui se rapproche d'eux sur certains points :
a) Par la façon dont il associe la nature aux sentiments de l'homme, partioïdièrement à la mélancolie, à la fuite du temps, à la mort. Quelques-unes de ses pièces sont, à cet égard, lamarliniennes, et cola ne peut surprendre ceux qui savent que Lamartine s'est inspiré du même modèle que Ronsard, Pétrarque (2; ;
tp) Par cette mélancolie, prise en ollo-mème, et qui, se mêlant à Tidée de la mort comme à celle du plaisir, donne à de nombreux passages de Ronsard un charme maladif et troublant, qui n'a rien de classique;
c) Par un certain sens de l'épopée, qui apparaît non pas dans la Franciade^ mais dans quelques poèmes, comme V Equité des vieux Gaulois^ dans quelques llynnios, dans les Discours : Ronsard est alors le précurseur de Victor Hugo épique; *.
d) Enfin, par l'abondance, la variété, la couleur, les obscurités mêmes de sa langue et de sa synta\(^ ; il se sejit inspiré, il obéit à sa verve, il ne sait ni clu»isir ni biffer: c'est du romantisme.
La renommée de Ronsard. — De son vivant, nous l'avons vu, Ronsard jouit d'une renommée univei'selle. Henri 11, Charles IX, Catherine de Médicis, Marie Stuart, le comblèrent de faveurs ; tous les poètes français le considéraient comme leur maître; le poète italien le Tasse vint à Paris le visiter et lui soumettre deux chants de sa Jérusalem délivrée,
Ronsard mort, sa renommée déclina; elle ne s'éclipsa pas brusquement, puisque, jusque vers 1650, Ronsard fut imité et défendu par d'illustres disciples, du Bartas, Vauquelin de la Fresnaye, Agrippa d'Aubigné,Mathurin Régnier, Théophile de Viîiu, etc. Mais Malherbe, devant ses disciples à lui, biffait du premier au dernier vers un exemplaire de Ronsard ; et quand Boileau, dans son Art poétique, iugc si sévèrement l'auteur des odes piVidarigues et de la Franciade, tout Ronsard est oublié. Au dix-neuvième siècle seulement, la réhabilitation
(1) Voir en particulier, dans le Recueil do Hecq de Fouquièros, p. 473, la Réponse de Ronsard aux ministres de Genève... ; p. 323, à Pierre VKscot, etc. '
(2) Cl, Morceau. T choisis, 2* cycle, p. 144, une des pièces les plus remarquable» de Ronsard, dont la dernière strophe e^l d'une rythiiiniue merveilleuse, et qui ressemble musicaicmcnt à la fin du Golfe dsliata, do Luuiartinc
l "^trrc de 'Koniarl .'Vrmcc Jce Foctes ' FranCcu , mort -al
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;.,( LITTÉRATUnE FRANÇAISE
commenco. Pierre Lebrun, en ISOS, le lit avec enlliousiasmc. En IS'Î'Ï, dans son Tableau de la poéiie française au sei:ième siècle, Sainte-Beuve cherche à le représenter comme un ancêtre de la jeune école romantique; et, depuis cette tentative un peu di<<cul.ihlc, maïs qui n'excluait en rien la critique pénétrante et précise, Ronsard a repris son rang pnrmi les grande poètes français.